Propreté, malpropreté du chien… ? Questions de points de vue, et d’analyse !
Sujet: Propreté, malpropreté du chien… ? Questions de points de vue, et d’analyse !

Le chien va spontanément satisfaire ses besoins naturels quand l’envie se
présente, là où il se trouve, sauf sur ses lieux de couchage, d’alimentation
et de jeux : c’est SA règle de propreté.
Mises à part ces places, bien des endroits ne seront donc pas opportuns au
goût des humains, pour y voir des excréments de chien ! ... S’impose donc de
lui apprendre NOS règles !
Dans la rue
S’agissant d’extérieur à l’habitation, les points de vues divergent entre
humains, quand certains propriétaires de chien considèrent que la rue est un
bon endroit, puisqu’ils n’y ramassent pas les déjections de leur animal. Ce
qui n’est pas du goût de bien d’autres maîtres, et encore moins des «
hostiles aux chiens » qui eux, tempêtent légitimement quand ils marchent «
dedans » ! Même le caniveau n’est pas un lieu d’aisance, car tout le monde y
met les pieds, au moins pour traverser.
9.000.000 de chiens nous accompagnent en France, sans que l’on se soit
vraiment penchés sur la nécessité de leur faire une juste place près de nous
dans nos cités, pour un confort commun.
Il manque encore trop cruellement de canisites dont s’équipent déjà bien des
villes. Cela nécessitant d’apprendre à son animal à se soulager à cet
endroit précis, et pas avant !
Dès le jeune âge, cet apprentissage doit être mené avec savoir faire,
patience et douceur, pour ne pas jeter le chiot dans le désarroi avec son
comportement d’élimination.
En attendant que ces équipements collectifs facilitent la vie de tous, la
solution est de ramasser les déjections de son chien.
Faisant preuve de civisme, de respect de soi et de l’animal, et loin d’être
ridiculisés, les « ramasseurs » sont aujourd’hui appréciés de tous en ville,
quand les autres sont méprisés.
Reste un autre manque cruel: celui des poubelles disponibles, pour ne pas
continuer la balade avec le sachet ou le mouchoir papier, contenant
l’encombrante (et malodorante !) matière.
Chez soi dans le jardin
Il est agréable pour soi, les enfants et les amis, de profiter dans son
jardin d’une pelouse bien verte (et pas jaunie par l’urine) et sans
excréments ici et là. (Pour les gros dommages de l’urine des femelles sur le
gazon, on conseille d’arroser abondamment dessus)
Dès son jeune âge, on peut conditionner un chiot à se soulager dans un
espace délimité que l'on peut lui réserver dans un coin du jardin.
Apprentissage comme dit plus haut, à mener avec tact et patience, chiot en
laisse dans le jardin (ou même dans les bras au début) que l’on mène à
l’endroit choisi, pour le gratifier une fois l’élimination obtenue.
Commencer par dire par exemple « pipi » ou « besoin » au moment où le
chiot/chien s’exécute spontanément, est une manière délicate d’obtenir petit
à petit qu’il se soulage ensuite à cette commande. On peut gratifier avec
une caresse et une friandise, une fois l’élimination obtenue (surtout juste
après et pas pendant !)
Entouré de bordures et d’arbustes (à petite distance, pour ne pas souffrir
des levers de patte d'un mâle) on peut aménager un coquet espace de sable,
cailloux et poteaux (pour les mâles, encore une fois) où le chiot peut se
familiariser doucement à revenir là, pour s’y soulager en toute
tranquillité. D’ailleurs, certains, suivant leurs conditions d’élevage, ne
savent faire leurs besoins qu’en s’isolant et cela jusqu’à l’âge adulte.
Si l’on s’y prend avec rudesse pour initier ce difficile apprentissage, on
prend le risque de voir le chien perdre confiance pour se soulager en
présence de son propriétaire, et chercher ensuite à s’isoler en allant
jusqu’à absorber ses déjections pour les faire disparaître (Une des
nombreuses causes de coprophagie du chien)
Dans la maison
• Axou, 4 mois, se soulage ici et là
• Volga, 1½ an, fait des petits pipis partout quand on lui dit bonjour ou
qu’on la gronde
• Roméo, 7 ans, lève la patte sur les meubles
• Brad, 16 ans, urine souvent en marchant et la nuit dans son panier
Devant toute malpropreté, il faut déterminer d’abord le type de souillure.
Leurs motifs étant spécifiques, élimination naturelle, marquage ou
incontinence ne trouveront pas les mêmes remèdes.
Savoir différencier les différentes éliminations indésirables:
• L’élimination naturelle se remarque à des urines en flaque (chien
accroupi, ou presque pour le mâle adulte) ou/et défécations au sol.
C’est le cas d’un chien adulte maintenu enfermé trop longtemps et qui n’aura
pas pu se contenir (c’est donc accidentel).
Pour un chiot qui s’éternise à éliminer à la maison et qui fait
difficilement dehors :
- Soit il n’est pas sorti assez souvent
- Soit il a été maintenu à l’élevage, en chenil exigu et sale et n’a pu
apprendre à éliminer loin du nid (idem pour les chiots maintenus longtemps
en boxes en animalerie). Beaucoup de patience et davantage de temps seront
nécessaires pour ces chiots.
- Soit il a tellement peur de la rue qu’il ne peut s’y soulager et préfère
rentrer rapidement pour s’exécuter. Un comportementaliste aidera dans ces
cas où la socialisation du jeune âge n’a pas été menée correctement.
Une pathologie organique peut aussi induire chez un adulte, des éliminations
fréquentes dans la maison. Un chien jeune qui se met à boire abondamment et
de fait se contient mal, peut par exemple avoir du diabète. Pour un chien
plus âgé, ce peut être une affection rénale qui l’entraîne aux mêmes
comportements. Il n’est évidemment pas question de rationner l’eau d’un
animal sous prétexte qu’il urine dans la maison, sans s’inquiéter de ce qui
le motive ! Le vétérinaire devra être consulté pour diagnostiquer et traiter
la pathologie qui induit ces éliminations.
• Le marquage, souvent en l’absence des propriétaires, est le fait d’un
chien qui urine de petites quantités en levant la patte (pour un mâle) sur
des supports verticaux bien en vue (mur, meuble ou pied du lit), ou d’une
femelle levant un peu une patte aussi, pour ne libérer que quelques gouttes
ici ou là.
Il peut arriver qu’un mâle urine sur un meuble devant ses maîtres en les
fixant, ou même sur eux en les chevauchant. Des selles moulées bien visibles
aussi (milieu de pièce ou sur lit, canapé ou même table !) ne sont pas non
plus des incapacités à se retenir, mais une même volonté délibérée d’envoyer
un message à ceux de son entourage: c'est de la communication sociale.
Même chose quand le chien de la maison « reçoit la visite » d’un congénère
de même sexe (et veut affirmer sa dominance sur lui) ou qu’il se distingue
pareillement chez des amis ou la famille ayant un chien.
C’est le système relationnel proposé par leurs maîtres à tous ces chiens,
qui les conduit à produire ces comportements de marquage indésirables chez
eux ou chez l’entourage. Pour faire évoluer ces situations il n’est
naturellement pas question de dressage dans ces circonstances, ni de mettre
le chien en cage comme il est souvent lu !
L’extinction de ces comportements s’obtient en examinant d’abord
soigneusement avec l’aide d’un comportementaliste, les rapports
qu’entretient le chien avec ses propriétaires et éventuellement les chiens
qui l’entourent. De là, s’impose une réorganisation parfois radicale des
relations, avec des règles de vie claires, non changeantes, et réductrices
d’ambiguïté quant à la place de l’animal par rapport à chacun des membres de
la famille.
• L’incontinence est involontaire quand le chien (jeune ou plus souvent âgé)
élimine sans s’en rendre compte en marchant ou dormant, et peut résulter de
diverses pathologies organiques affectant vessie, intestin ou système
nerveux, que seul le vétérinaire pourra diagnostiquer et traiter.
• Autres éliminations involontaires, mais cette fois non induite par une
pathologie, sont celles causées par les émotions (joie, peur ou anxiété,
parfois mêlées).
On peut voir urine et défécations (souvent diarrhéiques) éparses dans la
maison (en l’absence des maîtres) chez un animal anxieux face à la solitude.
Pour ces chiens souvent « pots de colle » leurs propriétaires prendront
l’aide du comportementaliste pour initier l’indépendance chez leur animal.
La joie ou la peur peuvent aussi empêcher un chien de se contenir en
présence de ses propriétaires. Au moment de faire la fête, beaucoup de
chiots (mâles ou femelles) ne peuvent réprimer des pipis d’émotion. En ne
répondant pas à ses effusions, on aide le petit animal à mieux gérer son
stress, pour lui « dire bonjour » calmement un instant plus tard.
D’autres chiens vont uriner de peur ou d’anxiété tout près de leur
propriétaire, sans que leur émotion soit repérée comme telle, et aggravée
par des punitions inappropriées.
Là encore, l’urgence est de chercher à comprendre avec l'aide du
comportementaliste, avant de promptement penser vengeance et vouloir suivant
les circonstances, mettre en cage, réduire l’eau ou médicaliser sans
discernement.
Danièle Mirat – Comportementaliste
Site : http://www.communicanis.com
Photos issus de la
Galerie
Photos de Frenchtoutou