Passer des chiens « dits » dangereux aux chiens « évalués » dangereux…
Jusqu’à présent, la loi avait mis dans le
même sac les chiens de certaines races, sans faire de détail.
On nous dit que cela a été efficace pour enrailler le phénomène pit bull des
cités, mais comment prévenir que des délinquants ne contournent la loi par
leur choix de race hors catégories ? Et comment régler le problème des
morsures par « les autres chiens » ?
La loi va donc évoluer. Elle permet déjà une évaluation comportementale
demandée par le maire, évaluation qui, d’après cette loi en cours de
préparation, deviendra obligatoire pour les chiens catégorisés, mais aussi
pour tout chien mordeur.
Malgré une évolution, puisque la loi va maintenant au-delà des apparences,
les possibilités de l’évaluation comportementale pourraient être mieux
exploitées. Dans le texte actuel, les suites de l’évaluation comportementale
dépendent du maire, et les conclusions du vétérinaire ne sont que des
recommandations.

Faisons une comparaison :
D’un côté, prenez l’exemple d’un chien quelconque, « évalué dangereux », par
exemple uniquement en l’absence de son maître et pour des inconnus. De
l’autre côté, considérez un chien catégorisé, mais ayant passé l’évaluation
avec plus de succès. Lequel présente le plus de danger ? Le chien « évalué
dangereux », ou le chien « dit dangereux » ?
L’évaluation réelle est bien sûr la plus fiable pour connaître un chien,
pourtant, le chien catégorisé fait supporter plus d’obligations à son
propriétaire que le chien qui présente le plus de danger…
Certains chiens ne devraient-ils pourtant pas remplir des obligations basées
sur celles qui sont demandées pour les chiens de 2ème catégorie ?
La nouvelle loi pourrait permettre de prendre des mesures qui éviteraient le
contournement de la loi par les délinquants, qui ont recours à des
croisements ou à des races non catégorisées. Il faut pour cela leur imposer
des exigences similaires à la catégorisation, lorsque l’évaluation
comportementale en prouve la réelle nécessité.
Le législateur franchira-t-il ce pas ? C’est ce que nous espérons et
demandons, pour arriver à plus de justice, selon des critères évalués, et
non sur des a priori.
Il faut absolument dépasser ce clivage par races.
Il faudrait donc rendre obligatoires certaines mesures pour les « chiens
présentant une dangerosité évaluée », avec des intermédiaires en fonction du
résultat de l’évaluation. Pour l’instant, il n’existe pas grand-chose entre
des préconisations optionnelles et l’euthanasie. La formation des maîtres
prévue ne sera pas modulée en fonction des cas mais prévue pour tous.
Les accidents d’une façon générale ne sont-ils pas souvent causés par des
personnes n’ayant aucune intention de nuire ?
Les accidents de voiture sont-ils tous causés par des chauffards ayant bu ?
Bien sûr que non, et quels remords d’être responsable d’un accident sans
être coupable de mauvaises intentions ! L’évaluation devrait permettre une
prise de conscience des propriétaires sous-estimant les risques présentés
par leur chien dans certaines circonstances.
Il faut espérer que le texte de loi va encore évoluer avant de prendre sa
forme définitive. Il faudrait pouvoir agir de deux façons complémentaires,
en fonction des résultats de l’évaluation comportementale :
- D’un côté il faut pouvoir imposer à certains maîtres les mêmes obligations
qu’ont les maîtres de chiens catégorisés, afin de dissuader les délinquants.
- De l’autre côté, les résultats de l’évaluation comportementale doivent
aboutir à des obligations éducatives, pour prévenir les vrais accidents
involontaires.
Sinon, l’évaluation ne servira qu’à valider des décisions d’euthanasie…
Article écrit par Françoise Bivel,
éducatrice comportementaliste.
www.danseavecleschiens.com
www.chien-loi.com
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