Sujet: L'enfant doit-il être le chef?

A la fois ami, partenaire de jeux et confident, la compagnie d’un chien pour
un enfant est bénéfique à plus d’un titre, leurs relations ne devraient être
qu’agréables et ludiques.
Malheureusement, il arrive que certains parents, par méconnaissance ou
simple maladresse, tentent d’imposer le petit humain en tant que chef de
l’animal.
Trop jeunes, parfois mal informés, les enfants peuvent commettre des impairs
aux conséquences fâcheuses. Pour exemple, on peut citer le conseil entendu
par les propriétaires d’un molosse : « Dites à votre petite fille de tenir
les pattes arrière du chien en hauteur, afin de le faire marcher sur les
pattes avant, comme si c’était une brouette (sic !) ». Le but était -parait
il- de montrer à l’animal qu’elle lui était supérieure dans la hiérarchie
familiale et qu’il fallait tout tolérer de sa part. Evidemment, le chien n’a
rien compris à l’affaire (il n’interprète pas les évènements comme nous), et
la demoiselle a failli se faire mordre par l’animal qui n’a pas du tout
apprécié l’expérience. On le comprend.
Chacun son rôle.
Il ne faut pas mélanger les responsabilités : le maître adulte doit
inculquer certaines règles au chien, comme le respect de tous les membres de
la famille et surtout des enfants. On réservera à l’enfant les amusements,
ce qui n’a rien à voir avec la brutalité gratuite citée plus haut. L’effet
obtenu est d’ailleurs l’inverse de celui recherché : l’animal ne respecte
pas celui qui le violente. Soit il le craint et lui obéit par peur, soit il
se rebelle, et l’enfant risque de perdre la partie.
Le petit propriétaire peut tout à fait participer à l’éducation de son
compagnon, en l’emmenant dans des clubs de dressage, ou simplement en le
promenant (sous surveillance d’un parent en fonction de son âge et de la
taille du chien). Ainsi on le responsabilisera sans pour autant le placer à
un rôle qui ne lui incombe pas. Un jeune enfant ne doit jamais sanctionner,
punir, ni frapper un chien : ce n’est pas lui le détenteur de l’autorité
mais l’adulte. N’oublions pas que l’animal pourrait ne pas tolérer cet acte
de la part d’un individu jeune (non pubère), car à l’état sauvage, le statut
de dominant n’est jamais tenu par un chiot, mais exclusivement par les
adultes.
N’importe quel enfant ne peut pas se prendre pour le maître du chien sans
risque. D’ailleurs, il devrait plutôt considérer son compagnon comme un
super copain et laisser les contraintes éducatives à ses parents.
Article écrit par Laurence Bruder Sergent
Comportementaliste
www.comportement-canin.com
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