REPONSES A DES QUESTIONS D'INTERNAUTES


Le 22 Mars 2010

Ma chienne Beagle de 11 ans (adoptée à l’âge de 6 mois) était déjà peureuse mais le devient de plus en plus et panique maintenant au moindre bruit à la maison, et pire encore lors d’orages ou périodes de fêtes avec pétards.
Qu’en pensez-vous et comment l’aider ?
Richard de Senlis

Veillez d’abord, par votre attitude ostensiblement désinvolte, à banaliser absolument tous les bruits de la maison qui paniquent votre petite chienne. N’y réagissez pas vous-même et faites « comme si » de rien n’était devant elle. Ne cherchez surtout pas à la rassurer par des caresses et une attention marquée, vous aboutiriez à l’effet inverse (on caresse habituellement son chien quand il nous satisfait ! alors que peut bien signifier pour lui de l’être aussi quand il panique ?)

Lors d’orages ou de périodes de fêtes d’été avec pétards, offrez à votre chienne de pouvoir s’isoler dans une pièce fermée ou dans un tranquille coin caché de la maison, et n’y faites pas plus attention. C’est l’inverse de tout ce que l’on pense à faire mais c’est le mieux pour son cas. Aidée par votre tranquille assurance, elle finira par trouver à s’apaiser un peu elle-même.
N’escomptez cependant pas des progrès fulgurants. Vos attitudes passées, peut-être maladroitement renforçatrices parce que pas vraiment appropriées, ont conduit votre petite Beagle à généraliser maintenant des réponses émotionnelles conditionnées. C’est ainsi que tout bruit sec ou fort peut désormais déclencher chez elle toujours la même réponse de peur, alors attendez-vous plutôt à une lente et très progressive amélioration.
Danièle Mirat – Comportementaliste
Site : http://www.communicanis.com

Le 11 février 2010

Bonjour
J’ai un chien de 16 mois qui grogne et on a l'impression qu'il a peur. Il se raidit, il ne supporte pas qu'on le touche au niveau des flancs. Parfois il joue avec ma fille de 8 ans et quand elle s'approche même juste pour le caresser, il lui grogne dessus.
Même chose aussi parfois avec mon mari et moi : il vient vers nous, on lui fait des caresses et il grogne. J’ai essayé de le mettre sur le dos (comme souvent conseillé) pour le caresser… il s'y met, mais il est tout raide et il grogne.
On voudrait mieux comprendre et y’a t'il quelques chose à faire contre cela, car j'ai peur avec les enfants (j'ai un petit bébé de 7 mois)
Merci de vos conseils
Christina


Bonjour,
Pour répondre à votre question (y’a t'il quelques chose a faire contre cela, car j'ai peur avec les enfants) oui bien sûr, il y a quelque chose à faire, et il est grand temps pour cela : c'est de prendre contact avec votre comportementaliste régional (et je ne parle pas d'éducation ou de dressage) et rapidement avant que la situation ne s‘envenime davantage.
Votre jeune chien grogne (se raidit, etc...) c'est clairement pour lui sa façon d'exprimer son inconfort (ses craintes) dans les échanges que vous lui proposez et dans lesquels il comprend mal ce que l'on attend de lui (avec aussi, je pense, des proximités trop grandes qui visiblement ne le mettent pas à l'aise)...
Notez qu'il grogne, c'est à dire qu'il prévient du fait que ces échanges l'incommodent et lui font peur par manque de clarté, cela doit donc être respecté (c'est à dire compris pour ce que cela implique). A force de n'être pas entendu et compris pour ce qu'il ressent et exprime, votre jeune chien pourrait ne plus menacer (puisque cela ne sert à rien !) et mettre à exécution les menaces par morsure, pour vraiment faire cesser ces échanges et proximités qui l'inquiètent.
Mais cela dit, il me manque tellement d'éléments d'appréciation (qui ne se collecteraient qu'en consultation à domicile) que je ne peux d'avantage vous aider à comprendre (d'une part) ainsi que vous aider pour la mise en place pratique de nouveaux échanges plus sécurisants.
Votre comportementaliste fera avec vous une évaluation du danger potentiel de votre cohabitation avec votre chien, et pourra vous guider de manière bien personnalisée pour la sécuriser au mieux par une meilleure communication mutuelle (la présence d'enfant en bas âge ne vous permet pas de rester sans mieux comprendre votre chien et sans mieux savoir gérer désormais ce quotidien avec lui pour l’apaiser).
Pour l’instant et dans l'attente de consulter, veillez à ne plus forcer (vous ou les enfants) les rapprochements et contacts qui « raidissent » votre chien et prenez déjà quelques infos générales, en suivant ces liens sur mon site: http://www.communicanis.com/conduitesagressives.html
Vous pouvez consulter cet annuaire pour trouver rapidement un comportementaliste régional : http://www.operrha.com/annuairecomportementalistes/comportementaliste-en-france.html
Cordialement,
Danièle Mirat – Comportementaliste
Site Internet : http://www.communicanis.com

Bonjour,
Depuis 2 mois, je suis propriétaire d’une petite femelle bichon âgée de 4 mois à ce jour.
Elle est assez propre et peut se retenir toute la nuit sans uriner, voire même quelques fois la journée entière.
Depuis peu, elle refuse de faire ses besoins dehors le matin, quand je lui propose de sortir. Elle reste au pied de la porte et attend pour rentrer. Si je reste avec elle, elle s’assoie à mes pieds et attend. Elle est aussi de plus en plus craintive, je sens qu’elle a peur de moi.
Merci de votre aide pour comprendre ce qui se passe, car je ne veux pas que cela devienne invivable pour elle comme pour notre famille.
Nathalie


Bonjour,
Bien difficile Madame, de vous aider de loin et par mail avec si peu d'éléments. Ce que je note néanmoins, c'est ce qui semble bien être en effet une peur de vous (ou en tout cas une inquiétude) de votre petite chienne à éliminer près de vous ... ce qui arrive parfois quand certaines personnes ont exercé des répressions du comportement d'élimination d'un chiot (plus ou moins sensible et émotif) dans la maison (avec des "NON!" et autres gronderies ou même rudoiements! alors qu'on l'a pris sur le fait...). Le chiot n'apprend pas (comme on peut le supposer !) que c’est ICI qu'il ne faut pas faire ses besoins naturels, mais il associe par contre qu'il ne faut pas les faire PRÈS de son propriétaire, car il y a retour de cris-fâcheries-rudoiements sur lui)...
Voyez ce que ça peu donner ensuite, quand on est dehors dans le jardin à côté de son chiot et que l'on attend qu'il s'exécute (et même pire, près de lui en laisse dans la rue!).
Votre petite femelle bichon n’a pas encore pu comprendre précisément ce que vous attendiez d’elle concernant son comportement d’élimination, alors pour le moment, détournez-vous d’elle quand vous la sortez pour ses besoins, essayez de mettre un peu de distance, si c’est dans la rue, avec une laisse plus longue (dans les endroits qui le permettent) et ne grondez jamais plus sur une élimination à la maison.
Mais cela dit encore une fois, par mail il me manque bien trop d'éléments pour faire une analyse plus fine, complète (et responsable) et donc pour vous donner des conseils bien appropriés. Si les choses perdurent, n’attendez pas que crainte et perte de confiance s'installent davantage entre votre chiot et vous. Je suis disponible pour vous aider en consultation (si toutefois vous êtes de ma région) sinon rencontrez votre comportementaliste régional (voir annuaire sur régions en suivant ce lien:
http://www.operrha.com/annuaire-comportementalistes/comportementaliste-en-france.html

Dans l’attente de consulter, prenez toutefois quelques conseils généraux sur mon site, à propos de ce qui favorise petit à petit l’apprentissage de la propreté d’un chiot : http://www.communicanis.com/laproprete.html
Cordialement,
Danièle Mirat – Comportementaliste
Site Internet : http://www.communicanis.com


Le 02 Février 2010

Bonjour,
Habitant en appartement en ville, il est bien difficile en hiver, d'éduquer son chiot à la propreté. En effet, quand on remarque que le chiot va se poser sur la couche où il a appris à faire ses besoins tout au début (j'ai eu mon chiot à 2 mois), le temps de se couvrir soi-même, d’attacher le chiot, prendre l'ascenseur, et arriver au lieu où l'animal peut faire ses besoins, il a déjà fait pipi dans l'entrée.
Les promenades sont très courtes car il a tellement froid qu'il en tremble (même avec un petit manteau) le vent est glacial à 7h le matin et à 11h le soir. Il tire sur la laisse et ne se laisse promener que lorsqu'il comprend qu'il va rentrer ! J’en désespère de voir mon chien propre un jour.
L'idéal serait d'avoir un jardin et être chez soi… Nous allons néanmoins continuer cet apprentissage doucement et gentiment, sans le brusquer, mais je crois que ce sera très long.
Auriez-vous quelques conseils pour nous aider ?
Barbara


Bonjour,
En effet, les conditions climatiques actuelles (exceptionnellement assez dures en ce moment !) ne sont pas bien propices à des sorties faciles et agréables (ni pour vous ni pour votre chiot qui est bien "crispé" par le froid, ce qui ne lui offre pas les meilleures dispositions pour se relâcher et se soulager!).
Il est vrai que vivre en appartement d'autre part, n'offre pas les facilités de la maison individuelle avec jardin! ... cela voudrait-il dire qu'il ne faut pas adopter un chiot en ville en hiver? Peut-être, mais bon, c'est fait... et cette acquisition de la "propreté" du chiot sera plus longue et demandera donc un peu + d'efforts et patience.
Cela dit, lors de périodes de météo fort désagréables comme maintenant, je vous conseille de ne pas réagir quand votre chiot va se poser sur son tapis d'aisance (et donc de le laisser éliminer tranquillement, surtout sans gronder puisqu'il élimine là où c’est permis) car en effet le temps de s'équiper (soi-même et le jeune animal) et voilà "l'affaire" faite avant même de démarrer! Résulte donc un stress inutile pour tout le monde, que de vouloir sortir à ce moment précis.
Pour l’instant, contentez-vous seulement des rapides sorties ritualisées du matin et du soir (de préférence par exemple, en portant votre chiot dans les bras dehors jusqu'à son endroit d'élimination préféré, avec retour de suite --> si bien sûr c'est une petite race et que son poids le permet!).
Quand le temps sera plus clément, il sera temps de reprendre des sorties plus nombreuses, en anticipant le plus qu'il est possible sur les "bons" moments, c'est à dire ceux où vous avez remarqué que le chiot est plus susceptible d'éliminer (généralement après périodes de repos, de jeux ou de repas).
Voyez sur mon site, un récapitulatif général des facteurs favorisant l’acquisition de la propreté pour un chiot: http://www.communicanis.com/laproprete.html
Tous mes voeux de patience lors de ce passage difficile, et rassurez-vous votre chiot ne sera retardé que de quelques semaines sur cet apprentissage…
Cordialement
Danièle Mirat – Comportementaliste
Site Internet : http://www.communicanis.com


Bonjour,
Voila, j'ai 2 chiennes mère et fille, obéissantes, gentilles et qui cohabitent avec 1 chatte adulte et un chaton. Elles s'entendent très bien, mais mon problème est que depuis que l'on a mis une litière pour le chaton, les chiennes ont la vilaine manie d'aller y manger les crottes. Elles y vont à tour de rôle et même la nuit ! On les punit, on leur dit "NON !" fermement, mais rien n'y fait et je ne sais plus quoi faire pour arrêter cela. La plus âgée de mes chiennes a même été malade, mais cela ne l'empêche pas de recommencer.
S'il vous plait, avez-vous des conseils à me donner, et merci d’avance.
Stéphanie


Bonjour,
Ce comportement d'absorption d'excréments (dit : de coprophagie) est très courant chez le chien.
Vos chiennes sont soumises à la très (trop!) forte stimulation olfactive d'excréments qui sont juste à leur portée d'une part, et qui sont d'autre part, encore fortement porteuses de nutriments et d'exhausteurs de goût (en effet, si le chaton mange de la nourriture industrielle -> croquettes ou pâtée humide <- celles-ci sont très enrichies par les fabricants, pour que les chats y trouvent goût à les manger, plutôt qu'une "vraie" nourriture qui aurait bien davantage leur préférence). Attention aussi que l'absorption régulière d'excréments est souvent + ou - sévèrement dommageable à l'organisme du chien (voyez que l’une de vos chienne en a été malade !).
Vous comprendrez aisément que vous ne devez donc plus soumettre vos chiennes à pareille stimulation (sous leur truffe) surtout pour les punir ensuite d'y succomber! Selon l’agencement de votre habitat, voyez à trouver le moyen soit de placer la litière du chaton dans un endroit inaccessible aux chiennes, soit de nettoyer les éliminations solides du chaton, le plus tôt possible.
Cordialement,
Danièle Mirat – Comportementaliste
Site Internet : http://www.communicanis.com


Le 15 octobre 2009

Bonjour,
Dernièrement j’ai fait l’acquisition d’un chiot bulldog anglais (il aura 5 mois dans quelques jours). Celui-ci est maintenant propre la nuit et en notre absence durant la journée.
Lorsque je suis présente à la maison, je le sors après les jeux, les repas, les siestes et en moyenne toutes les 2 heures. Mais le plus souvent, alors que je viens de le sortir (et environ 1/2 après) il vient systématiquement uriner "sous notre nez" !
A chaque fois je le dispute, je lui dis « non !», je l'attrape par la peau du cou et après je l'ignore un moment, mais il recommence et je n’y comprends rien à chaque fois.
Que faire ? Et de quoi peut venir ce comportement ? Pouvez-vous m'aider ?
D’avance merci.
Valentine


Bonjour,
Contre toute attente, votre chiot n'a semble-t’il tout simplement pas encore bien compris et intégré ce que vous attendiez de lui concernant son comportement d'élimination (même si s'immisce en vous l'idée - fausse!- qu'il fait exprès d'uriner juste devant vous).
Nous sommes généralement très exigeants sur le comportement d’élimination de nos chiots et vite prompts à sévir s’ils ne deviennent pas « propre » rapidement. Heureusement que nous sommes plus compréhensifs avec nos très jeunes bambins (!)
Il me manque bien des éléments d'appréciation (qui ne pourraient se collecter qu’en consultation à votre domicile), mais je note néanmoins que votre chiot n'élimine pas complètement dehors lors de ses sorties avec vous. Il se trouve peut-être distrait ou trop stimulé par l'environnement, alors veillez à choisir, autant que possible, des lieux calmes pour qu'il puisse rester concentré sur ses besoins d’éliminer et non pas sur les passants, les véhicules, les congénères, etc... Et surtout n’initiez pas de jeux lors de ces balades, pour en privilégier les aspects de paisible découverte et flairage des espaces parcourus (particulièrement plus favorables à l’élimination).
J'avance de plus, qu'émotion et agitation/excitation peuvent bien justement être les déclencheurs de ses éliminations tout près de vous, et donc en rapport avec vous ...
En conséquence, cessez de réagir avec sévérité sur ses éliminations à l’intérieur de votre habitat. Aux retours des sorties, n'interagissez pas avec votre chiot (pas de jeux, caresses, etc...) et s'il urine près de vous, prenez le parti de ne pas y prêter attention et de l'inviter quelques secondes plus tard à vous suivre tranquillement dans une autre pièce, pour nettoyer hors de sa présence (tissus ou papier pour absorber/ramasser et eau vinaigrée pour assainir). Invitez-le à revenir ensuite vers vous sans autre forme de procès et réaction.
Faites preuve de constance dans cette voie avant de voir une évolution positive, et comprenez que vouloir réprimander un chiot pour un comportement naturel (en l'occurrence son comportement d'élimination) ne lui apprend pas la « bonne conduite » attendue. Cela lui apprend par contre à vous craindre, et cette confiance entamée peut retentir de manière dommageable sur le reste de votre relation et tous les autres apprentissages à lui faire faire.
Il n'est encore qu'un "bébé chien" qui a besoin de toute votre patience et votre "savoir faire" pour apprendre la vie chez les humains, et toute manière forte ne favorisant jamais les apprentissages, c’est dans le calme que vous devrez procéder pour son bon équilibre dans la poursuite de son développement.
Cordialement,
Danièle Mirat – Comportementaliste
Site Internet : http://www.communicanis.com


Bonjour,
Nous avons deux Rottweilers, un mâle de 5 ans et une femelle de 2 ans et demi, et nous sommes inquiets. Depuis environ trois mois, Vulcain agresse Cannelle de plus en plus souvent et de plus en plus violemment. La dernière bagarre (j'ai appelé Cannelle pour lui faire un câlin, et Vulcain s'est jeté sur elle) nous a conduit chez le véto pour Cannelle, dont l'oreille a été atteinte au niveau du cartilage. Nous ne savons plus quoi faire. Nous avons l'impression que cela s'envenime.
Devons-nous nous séparer d'un de nos chiens ? S'il y avait un petit espoir de les garder tous les deux, nous sommes prêts à faire les efforts nécessaires.
Merci d'avance pour votre point de vue et vos recommandations.
Brigitte


Bonjour,
Les situations d'une cohabitation houleuse entre congénères sont principalement observées et considérées sous l'angle d'une entente difficile, ou sous l'angle d'un tempérament agressif de l'un des protagonistes. Tout le monde se tourne ainsi vers « les chiens entre eux » pour agir, afin d'empêcher les agressions (en criant, proférant un NON interdisant, etc.). Or, pour mieux appréhender les motivations du ou des chiens à vivre des conflits récurrents, il est nécessaire d'élargir son regard sur la cohabitation. Et dans un premier temps, à ne jamais oublier que les chiens sont entourés d'humains qui agissent et réagissent au quotidien avec leurs compagnons à quatre pattes, et que ces éléments d'échange ont un fort impact sur les dispositions émotionnelles et comportementales des canidés.
Des dispositions qui leur servent également à pouvoir organiser leurs rapports entre congénères. Il est légitime pour vos deux chiens de chercher à s'organiser socialement. Ils ont pu le faire jusqu'ici, sans difficulté repérée par vous, parce que Cannelle était un chiot, puis une jeune femelle, mais aujourd'hui elle est devenue adulte. Toutes ces « étapes » et changement de « statut » sont autant de nécessités de réajuster les échanges avec les congénères en présence. Vulcain en tant qu’adulte, se voit en quelque sorte poussé à maintenir ses prérogatives devant « la nouvelle adulte » qu'est devenue Cannelle.
Ce ne serait pas vraiment une difficulté si l'entourage humain comprenait et respectait cette organisation sociale canine, fluctuante et non figée. Mais justement, les propriétaires de chiens sont peu et/ou mal informés à ce sujet et interprètent les événements de manière anthropomorphique, donc erronée.
Quand vous invitez Cannelle vers vous pour un câlin, il est fort probable que cette proximité et cette priorité d'échange que vous lui accordez soient incohérentes par rapport à l'organisation sociale qui cherche à s'établir et se maintenir entre elle et Vulcain. C'est semblable à une remise en question de ce qui est en train de s'organiser, et il n'est donc pas étonnant de voir votre mâle réagir illico !
De multiples autres situations du quotidien peuvent générer un même « porte-à-faux » relationnel (à la fois un frein à pouvoir s'ajuster et un déclencheur de conflits) : l'occupation de l'espace, les objets/jouets, les jeux, l'alimentation, les soins (brossage, etc.), les promenades, les transports, etc., où chaque événement impliquant l'entourage humain peut devenir source de tensions pour les chiens.
Il est d'ailleurs assez habituel, pour ce type de situation, de constater que les « bagarres » ne surviennent qu'en présence des humains, preuve s'il en faut que ceux-ci sont (involontairement) partie prenante dans les difficultés que vivent les chiens à s'organiser entre eux.
En l'état actuel, il serait précipité de vouloir vous séparer d'un de vos chiens, d'autant plus que vous êtes disposés à faire les efforts nécessaires à un incontournable réajustement.
Pour sortir de cette dynamique qui met Vulcain et Cannelle en peine de s'ajuster socialement, il est indispensable de mettre en place une cohabitation humains/chiens basée sur une communication et des échanges parfaitement choisis. L'angle à prendre est celui de faciliter leur ajustement, et sûrement pas de vouloir contrer ou empêcher ce processus.
Pour cela, et étant donné que les conflits deviennent de plus en plus sérieux, il serait toutefois judicieux de vous faire aider de manière personnalisée par un comportementaliste professionnel. Celui-ci pourra examiner les différents éléments de votre cohabitation avec Vulcain et Cannelle et mettre en place avec vous une nouvelle organisation de la cohabitation (plus cohérente pour vos chiens). Attention à ne pas perdre de temps, car plus les conflits durent et s'aggravent, plus il peut devenir difficile de les réduire.
Voyez cet annuaire des comportementalistes professionnels, pour trouver le régional qui pourrait vous guider : http://www.operrha.com/annuaire-comportementalistes.html
Cordialement,
Michel Quertainmont – Comportementaliste
Site Internet : http://comportementaliste-mq.com


Le 1er octobre 2009

Bonjour,
Spot, notre bouledogue français de 6 mois, recueilli à l'âge de 3 mois, est très affectueux, gros dormeur, propre, joueur et nous écoute au doigt et à l’oeil.
Petit, il a eu des problèmes de santé que l'on a soigne, mais il continue d’être fragile de l’estomac (ex: après une punition, il a la diarrhée).
Depuis 2 semaines, il s’est mis à grogner sur tout le monde, sauf nous. Que ce soit les gens qu’il a déjà rencontrés, ou des passants en pleine rue. Il grogne, et si la personne insiste et veut s’approcher, il grogne de plus belle et semble prêt à mordre. Nous avons fait le test avec plusieurs personnes en leur demandant de s’approcher petit a petit, lui parler calmement, nous à ses côtés en le rassurant (tout va bien, ça n’est rien, etc…)...Mais Spot continue de grogner et parfois même il aboie.
Chaque fois, je l’attrape par la peau du cou, le tape sur le museau et le punis dans une pièce, seul pendant ¼ d’heure. Mais Spot ne semble pas comprendre, et après il est très craintif à mon égard, même quand je veux le caresser.
Que dois je faire pour remédier à ce problème, j ai peur qu il ne morde quelqu’un, ou même continue de grogner, car ça fait peur a tout le monde y compris moi la première.
Merci d’avance de vos conseils.
Géraldine


Bonjour,
Vous évoquez que votre chiot est fragile de l'estomac jusqu'à des diarrhées si vous le grondez... cela est l'indication première qui doit vous conduire à le ménager émotionnellement.
Votre chiot est d'évidence d'une grande sensibilité (venant d’un élevage où les conditions de développement précoce n'ont sans doute pas été des plus stabilisantes et épanouissantes) et il montre des craintes vis à vis des personnes de rencontre (et les exprime par ses grognements destinés à faire reculer/s'éloigner les objets de ses peurs). Il risque de devenir de plus en plus craintif et dans des circonstances de plus en plus variées (et le tout accompagné de désordres physiologiques) si vous ne savez pas mieux gérer la sensibilité de votre petit bouledogue.
En effet, vous n'avez malheureusement pas les attitudes appropriées devant ses craintes, puisque vous voulez réprimer les manifestations émotionnelles (et comportementales qui vont avec) de votre chiot (je l’attrape par la peau du cou, le tape sur le museau et le punis dans une pièce, seul pendant ¼ d’heure) il ne peut donc qu'être ensuite craintif et méfiant vis à vis de vous, qu'il ne comprend certes pas… vous l’avez bien déduit.
On ne peut pas apprendre (ni dresser) un animal à ne pas avoir peur, on peut par contre le conduire petit à petit à mieux se gérer émotionnellement devant ce qui l'inquiète, pour qu'il devienne de + en + confiant et donc de moins en moins réactif... c'est un travail d'habituation à mener avec l'aide d'un comportementaliste (un VRAI) car vous êtes là maladroitement en train de sensibiliser de + en + votre chiot, en voulant le forcer et insister sur les rencontres, et en le malmenant s'il grogne. Et attention que l'étape suivante après les menaces (grognements et aboiements non respectés pour ce qu'ils sont) est la morsure! N’allez pas pousser votre chiot jusque là!

Je vous conseille donc de prendre rapidement contact avec votre comportementaliste régional et vous pouvez consulter cet annuaire pour le trouver:

http://www.operrha.com/annuairecomportementalistes/comportementaliste-en-france.html

Danièle Mirat – Comportementaliste
Site Internet : http://www.communicanis.com


Bonjour,
Diva, notre jeune femelle dogue argentin de 9 mois a peur de tout depuis son arrivée chez nous. Pourtant nous l'avons traitée comme notre mâle (d’environ 6 ans), sauf qu’avec elle j'ai été plus prompte à mettre en place de suite, des règles strictes d'éducation: pas question de venir dans certaines pièces (cuisine, salon, chambre), attribution d'un panier dans lequel nous l'envoyons régulièrement, un NON ferme dès qu'elle cherchait à faire une bêtise, etc. Mais le problème est qu'elle a peur en ville, elle craint beaucoup les humains. Sur les conseils de l'assistante de mon vétérinaire, qui connaît bien l'éducation canine, je la promène tous les jours dans un parc pour qu'elle rencontre du monde, je lui ai également fait prendre le train, les escaliers roulants, mais rien n'y fait. J'ai même l'impression que cela s'aggrave au fil du temps. Peut-être auriez-vous une piste ?
Catherine

Bonjour,
Il y a plus d'une piste à prendre pour faire évoluer une situation telle que celle dont vous me faites part au sujet de Diva. Mais il y a par contre un angle principal à prendre devant la ou les peurs que l'on voit apparaître chez un chiot (ou même chez un chien adulte d'ailleurs) et c'est celui du monde émotionnel qui lui est individuel. Et sur base de cette orientation prise, considérons donc que les peurs de votre jeune chienne sont légitimes pour elle. Ce qui l'entoure dans certains contextes (l'inconnu, l'agitation, l'approche de personnes ou de congénères, etc.) dépasse sa capacité à gérer toutes les manifestations sensorielles qu'elle capte autour d'elle et par conséquent à conserver un équilibre intérieur satisfaisant. C'est ce constat que vous faites quand vous voyez qu'elle « a peur de tout », et qu'elle cherche probablement à se soustraire à ce qu'elle vit difficilement.
Prenons alors une première piste qui est celle du milieu d'élevage dans lequel elle a grandi (souvent en dehors des villes) pour observer peut-être que le niveau de stimulations dans ce milieu ne lui a pas permis de se construire une tolérance sensorielle en rapport avec le milieu urbain... qui est aujourd'hui le sien. On peut ainsi entrevoir le véritable cataclysme sensoriel et l'impact que cela peut avoir sur son monde émotionnel. Si l’on ajoute les conseils inacceptables de ne pas sortir ce chiot avant la date de sa dernière vaccination (environ 3 mois), et voilà alors un petit être issu d'un monde d'élevage pour lequel il a développé des capacités spécifiques, plongé dans un univers nouveau et auquel il devrait obligatoirement s'adapter sans avoir pu y être confronté pendant plusieurs mois.

Ceci est un schéma assez courant et dont il faut s'inspirer pour comprendre ce que peut vivre votre chienne alors qu'elle a neuf mois maintenant : la construction chez elle d'un niveau de tolérance aux stimulations du milieu d'élevage en-deçà du milieu de vie actuel. Elle est donc presque perpétuellement submergée par ce nouveau milieu (sauf certainement à l'intérieur). Et justement les conseils que vous avez reçus sont ceux de la confronter plus souvent et a des stimulations plus fortes afin qu'elle s'y habitue.

A chaque confrontation, c'est son seuil de tolérance qui est dépassé et au lieu de l'aider à trouver et à faire progresser ce seuil, elle apprend vraisemblablement à ne vivre cet environnement qu'au travers de la peur. De plus, en l'obligeant de cette manière, vous lui faites perdre un lien d'attachement sécurisant, lien qui lui serait pourtant d'un grand secours puisqu'il est indispensable pour apprendre (voilà la seconde piste).

Faire progresser/évoluer votre situation avec Diva appelle d'habiles ajustements qui accorderont la priorité au développement d’un lien sécurisant avec elle (et non un lien « interdisant » comme celui de l'éducation canine mis en place jusqu'ici) et que vous transporterez avec vous à l'extérieur, tout en respectant ses capacités individuelles à trouver progressivement un équilibre émotionnel face au monde urbain. Pour cela, je vous conseille d'arrêter de placer Diva dans des situations qu'elle ne peut supporter, et de vous tourner rapidement vers un comportementaliste régional qui pourra vous aider à prendre un axe plutôt réparateur (voir annuaire : http://operrha.com/annuaire-comportementalistes.html)

Michel Quertainmont – Comportementaliste
Site Internet : http://comportementaliste-mq.com


Le 28 Mai 2009

Ma chienne Beagle de 11 ans (adoptée à l’âge de 6 mois) était déjà peureuse mais le devient de plus en plus et panique maintenant au moindre bruit à la maison, et pire encore lors d’orages ou périodes de fêtes avec pétards.
Qu’en pensez-vous et comment l’aider ?
Richard de Senlis

Veillez d’abord, par votre attitude ostensiblement désinvolte, à banaliser absolument tous les bruits de la maison qui paniquent votre petite chienne. N’y réagissez pas vous-même et faites « comme si » de rien n’était devant elle. Ne cherchez surtout pas à la rassurer par des caresses et une attention marquée, vous aboutiriez à l’effet inverse (on caresse habituellement son chien quand il nous satisfait ! alors que peut bien signifier pour lui de l’être aussi quand il panique ?)

Lors d’orages ou de périodes de fêtes d’été avec pétards, offrez à votre chienne de pouvoir s’isoler dans une pièce fermée ou dans un tranquille coin caché de la maison, et n’y faites pas plus attention. C’est l’inverse de tout ce que l’on pense à faire mais c’est le mieux pour son cas. Aidée par votre tranquille assurance, elle finira par trouver à s’apaiser un peu elle-même.
N’escomptez cependant pas des progrès fulgurants. Vos attitudes passées, peut-être maladroitement renforçatrices parce que pas vraiment appropriées, ont conduit votre petite Beagle à généraliser maintenant des réponses émotionnelles conditionnées. C’est ainsi que tout bruit sec ou fort peut désormais déclencher chez elle toujours la même réponse de peur, alors attendez-vous plutôt à une lente et très progressive amélioration.
Danièle Mirat – Comportementaliste
Site : http://www.communicanis.com


Notre Dogue allemand Enzo a bientôt cinq ans et nous venons de déménager il y a 3 mois. Nous habitions une maison sans jardin et aujourd'hui nous avons la chance d'avoir un petit coin de verdure, ce qui est formidable pour Enzo, mais cela nous inquiète également. Nos voisins, avec cours et jardins mitoyens tout autour, ont tous de jeunes enfants qui jouent au ballon qu'ils envoient régulièrement sur notre propriété. Notre chien ne s'est jamais montré agressif auparavant, mais il y a deux jours il a tenu en respect et empêché notre petit voisin (6 ans ½) de récupérer son ballon tombé chez nous (il y a un endroit de la clôture en fil qui peut être ouvert). Tout le voisinage est maintenant inquiet et nous accuse d'avoir un chien dangereux, les obligeant à maintenir leurs enfants à l'intérieur, ce qui n'est pas acceptable pour eux. Nous ne comprenons pas pourquoi Enzo a changé ainsi et vous demandons votre avis sur cette situation. Est-il possible de lui apprendre que les enfants voisins ne sont pas des inconnus ?
Merci d’avance.
Julie du Havre

Le premier élément à considérer dans la situation de difficulté qui vous préoccupe est très certainement votre déménagement récent. Plus qu'un simple changement de lieu, c'est un véritable changement de vie qui s'est profilé, tant pour vous que pour votre chien. Tous les repères qui étaient les siens ont disparus et Enzo doit aujourd'hui s’en trouver d’autres dans son nouveau quotidien. De nouveaux espaces (le jardin justement), de nouveaux endroits de promenades, de nouvelles rencontres avec humains et congénères voire d'autre espèces (chats), peut-être aussi une moindre disponibilité chez vous (si le déménagement est associé à un changement professionnel par exemple), sont autant de références auxquelles il lui est nécessaire de s'adapter.
Cette période d'adaptation peut être plus ou moins longue (de quelques semaines à quelques mois), et pour Enzo une grande nouveauté s'est imposée à lui : le jardin qu'il ne connaissait pas auparavant. Une fois de plus, ce n'est pas uniquement le lieu qui importe, mais tout ce qui y est associé : passage d'animaux (oiseaux, chats, etc.), proximité d'autres congénères, agitations d'enfants autour, etc. Que de tensions possibles qui sont alors inédites et mobilisent Enzo ! Tout cela est bien assez suffisant pour voir surgir des comportements nouveaux chez votre Dogue allemand, comme celui d'empêcher le jeune enfant d'accéder à un espace qu’il a lui-même investi. Et que d'imprudence alors de laisser une clôture si peu fonctionnelle ! C'est un véritable danger à réduire au plus vite !
Vous l'aurez compris, il n'est pas envisageable d'inviter Enzo à une tolérance ciblée, en fonction du lien d'amitié ou de l'indulgence à accorder aux voisins, qui cherchent même seulement gentiment à approcher ou à pénétrer votre jardin. J'ai bien envie de vous proposer de ne pas nous réduire à la seule observation « d'un Enzo dangereux ou non », mais d'élargir notre regard vers les circonstances et le risque inhérent. Il va donc falloir prendre en charge de réduire ce qui pourrait faire tension ou générer une réaction « défensive » bien légitime. La première mesure, parce qu'elle est véritablement accidentogène, étant la mise place d'une clôture digne de ce nom, ne laissant pas passage des enfants (ni des adultes) voisins vers votre jardin. Profitant du même mouvement d'organisation de l'espace, je vous recommande vivement la mise en place de pare-vue sur la clôture, afin de limiter les stimulations d'enfants qui courent, crient, jouent, etc. et qui ne sont qu'une accumulation de tensions pour Enzo.
Enfin, même si ceci est déjà en mesure d'affaiblir le risque d'incident, il ne serait pas du tout inopportun d'examiner cette situation au plus près, et notamment toutes les modifications de repères chez Enzo, tous les déclencheurs possibles, ainsi que la manière de les anticiper et/ou les gérer avec le comportementaliste professionnel de votre région (des adresses en régions : http://www.operrha.com/annuaire-comportementalistes/comportementaliste-en-france.html )
Michel Quertainmont – Comportementaliste
Site : http://comportementaliste-mq.com


Le 07 mai 2009

Mon Golden m'a déjà mordu 3 fois depuis son adoption à la SPA. Une fois quand j’ai voulu lui nettoyer les yeux, une fois quand j’allais lui prendre un mouchoir de la gueule et la dernièrement en lui retirant une petite feuille d’arbre qu’il avait sur la cuisse ( !)
Sinon habituellement, il me lèche les mains et le cou, il me fait la fête quand je rentre du travail, je joue beaucoup avec lui, par contre quand il a un jouet dans la gueule il fait mine de grogner tout en remuant la queue. Est-ce qu'il joue vraiment ? Concernant les morsures dois-je prendre l'aide d'un comportementaliste ?
Amandine de Paris


Chaque morsure de votre Golden s'est produite alors qu'il était contraint ou peut-être simplement surpris (dans le cas de la feuille!). Juste avant, il avait peut-être montré qu'il ne voulait pas de ces contraintes, et cela avec des évitements ou même des grognements (sauf bien sûr, lors de la surprise). Auquel cas, cela aurait dû vous retenir de poursuivre dans la voie engagée.
Votre chien a eu un passé (sûrement inconnu) au cours duquel il n'a peut-être pas été initié à la confiance en l'être humain et ses manipulations. Il vous appartient donc de mieux savoir gérer la sensibilité émotionnelle et comportementale de votre chien, de connaître les déclencheurs de ses réactions vives par morsures, et de mieux savoir en repérer les signaux annonciateurs pour y réagir de manière appropriée.
Pour cela, je vous conseille de rencontrer votre comportementaliste régional qui vous guidera vers une meilleure communication avec ce chien, ce qui sécurisera toute votre cohabitation (Voyez un annuaire de comportementalistes régionaux sur ce site : http://www.operrha.com/ )
Dans cette attente, concernant les jeux et autres familiarités tactiles avec votre chien, je vous recommande un peu de sobriété (surtout pas de corps à corps) sans jamais aller lui disputer un jouet dans la gueule. Au contraire, désintéressez-vous-en pour ne le relancer que quand le chien l'aura négligé.
Et concernant les mouchoirs… à voir s’il s’en saisit justement pour vous faire réagir. Dans ce cas, il faut trouver à lui faire une autre proposition très attrayante, et à laquelle, lui, ne saura pas résister ; sinon vous resterez celle qu’il peut modifier à volonté ! Voyez comme il y aurait lieu d’inverser cette situation relationnelle…
Danièle Mirat – Comportementaliste
Site : http://www.communicanis.com


Notre mâle Rottweiler de 2 ans (adopté depuis un mois) est adorable, gentil et câlin à la maison (même un peu collant) mais il est intenable en laisse et agressif avec ses congénères (et cependant pas les quinze premiers jours).
Heureusement, je reste à distance des autres chiens, mais il est difficile à tenir. De plus, lorsque nous nous absentons, Balbo ne sait pas rester seul, il aboie, grogne et gratte la porte d'entrée (déjà bien abîmée d'ailleurs) et le mur tout autour. Lorsque mon mari le gronde en élevant la voix, il se plaque au sol et le regarde comme terrorisé. Que se passe-t-il, et pouvez-vous nous aider à comprendre?
Céline de Sèvres

Vous n’avez probablement que peu ou pas d'information sur le passé de votre chien, et comme pour toutes les adoptions, vous découvrez au fur et à mesure de la cohabitation des situations posant problème. Celles-ci ne sont toutefois pas toutes à imputer à ce passé inconnu, car les premiers instants de la nouvelle cohabitation (premiers jours et premières semaines) peuvent en effet également venir influencer les comportements du chien au quotidien. Vous évoquez d'ailleurs, et c'est un signe immanquable, que les rencontres avec des congénères se sont plutôt bien passées dès le départ, prouvant ainsi qu'il y a eu évolution dans la « teneur » de ces rencontres.
Or, la promenade avec votre chien en extérieur s'organise dès le départ de la maison, afin d'initier un démarrage calme, en tout cas peu « sportif » comme on le voit avec des chiens de grande taille qui s'agitent jusqu'à devenir incontrôlables. Mais à vrai dire, le foyer et le milieu extérieur sont une même continuité pour le chien.
Votre Rottweiler, qui en un mois déjà se serait vu ainsi la possibilité d'être à l'initiative des échanges avec son entourage, et/ou qui aurait observé au quotidien votre disposition à réagir devant tous ses comportements (regards, vocalises, déambulations) risquerait bien de continuer à vivre l'environnement extérieur de la même manière, et à vouloir aussi exercer son contrôle sur ses congénères croisés en balade.
C'est ainsi, par exemple, que tous les « non » intempestifs, et les « dans ton panier », (principes de l'éducation canine et proférés habituellement dans la cohabitation) ne feront qu'assurer à Balbo qu'il est justement celui qui est capable de faire réagir ceux qui l'entourent... dont les chiens rencontrés en promenade ! Bien entendu, il ne s'agira pas de chercher à exercer encore davantage de contrôle sur lui, mais de gérer à votre initiative les interactions de la cohabitation, afin qu'il vive plus paisiblement votre bonne organisation.

Les vocalises immédiates et consécutives à votre départ, ainsi que les atteintes à la porte et au mur alentour sont à votre sens une incapacité pour votre Rott de vivre votre absence.
Au vu du faisceau de difficultés que vous évoquez et qui ne sont pas sans liens, j'ai à vous proposer pour ma part, une interprétation différente.
Depuis ce premier mois, pas idéalement organisé pour qu'il puisse prendre tout repère de votre bonne gestion, Balbo a pu mesurer votre indéfectible disponibilité pour lui devant la plupart de ses comportements, et s'exercer ainsi à SON contrôle sur vous. En quittant votre domicile vous ne faites rien moins que vous soustraire à SA présence. Quand alors il se met à aboyer, voire grogner lors de votre départ, puis « s'attaquer » à la porte et aux murs pendant votre absence, c'est qu'il tolère bien mal cette situation. Elle fait réellement tension pour lui et il cherche à retrouver l'équilibre habituel de son quotidien : vous garder sous son contrôle !

Voyez comme les deux problématiques, sorties ingérables et atteintes à l'environnement, ne sont pas sans lien. Les solutions doivent être celles de réorganiser votre cohabitation et le relationnel avec Balbo pour qu'il s'intègre à votre gestion et non lui laisser imposer la sienne. Pour que cela ne se mène pas de manière approximative, ce qui serait aggravant, je vous recommande de vous faire aider par votre comportementaliste régional pour entreprendre ce changement et ainsi (re)trouver un apaisement mutuel (Pour trouver un comportementaliste régional, consultez l’annuaire de ce site : http://www.operrha.com/ )

Michel Quertainmont – Comportementaliste
Site : http://comportementaliste-mq.com


Le 15 avril 2009

Bonjour,
Nous rencontrons des difficultés avec Athos notre Terre Neuve de 3 ans (qui est par ailleurs très joueur et affectueux avec nos enfants et nous)
Depuis quelques temps, Athos refusait de rester seul même 1/2 heure. Après nos départs il se mettait à gratter furieusement les portes, hurlait et répandait de la bave partout dans la maison !
Notre vétérinaire avait prescrit un médicament mais comme il n’y avait pas de mieux, il nous a conseillé de voir un éducateur-comportementaliste de sa connaissance. Cette personne a décelé un comportement dominant chez Athos et il nous a fait suivre 10 séances, mais le problème n’a pas changé quand on s’absente, c’est même de pire en pire !
Nous sommes désemparés. Nous avons cherché en vain des réponses à ce comportement que nous ne nous expliquons pas. Et dire que nous avons payé un forfait de 575€ pour des séances comportementales qui n’ont rien donné.
Sur votre site, nous venons de lire quelques-unes de vos explications à propos des problèmes que nous rencontrons et cela nous réconforte un peu, mais comprenez que nous soyons méfiants pour faire appel à vous maintenant, et croyez-vous vraiment que vous pourriez nous aider ?
Cordialement,
Michael et Lydia


Bonjour,
Je comprends que vous puissiez hésiter à consulter un autre professionnel derrière l'expérience particulièrement négative (et aggravante) que vous avez déjà vécue.
Sachez toutefois que 10 séances (aussi bien dites "comportementales") (et pour 575€) ne correspondent pas un travail de comportementaliste, mais bien plutôt au travail d'un éducateur canin "déguisé" en comportementaliste et qui use d’un titre sans travailler avec l'approche correspondante.
J’entrevois bien (pour l'avoir vérifié malheureusement tant de fois) que dans ces séances, il a été question d'agir sur le chien, par mise en place de conditionnements divers (Non - Stop - Assis - Coucher -Aller/retourner à sa place) avec des conseils stéréotypés et la mise en place de règles simplistes (du type manger avant le chien, passer les portes avant lui et poser des interdits sur lit, fauteuils et canapé). Ce « package » (valable pour tout le monde et bon à appliquer quelles que soient les problématiques) est normalement sensé vous faire voir comme des "dominants".
L'approche comportementaliste n'a rien à voir avec cette culture cynophile centrée sur l'obéissance à tout prix, et son objectif de simplement obliger ou à l’inverse contrer/empêcher des comportements qui ne sont que symptômes de difficultés adaptatives de l'animal.
L'approche comportementaliste cherche bien plutôt à comprendre les motivations des comportements gênants d'un chien (comportements qui sont tous en rapports les uns avec les autres), pour agir à ce niveau (celui des causes, donc) pour qu'ainsi le chien en vienne simplement à ne plus produire ces comportements (que l'on n'aura pas cherché à contrer) mais dont on aura compris les origines.
Cette approche est toujours individualisée, car il s'agit chaque fois de ce chien-là, avec le développement précoce qui a été le sien (plus ou moins propice à un bon équilibre émotionnel) en cohabitation avec ces personnes-là, dans ce milieu de vie-là... rien de figé donc, mais adapté à chaque problématique toujours unique.
Pour ma part, il ne serait donc pas question « d’éduquer » Athos à savoir rester seul, mais d’examiner avec vous toutes les influences qui, dans son développement à l'élevage et votre cohabitationnel (et notamment votre relationnel), maintiennent votre jeune animal dans cette détresse lorsqu’il vous perd de vue momentanément. C'est cette analyse qui me permettrait ensuite d'avancer des propositions de résolution adaptées.
Je reste à votre disposition pour travailler avec vous dans ce sens.
Danièle Mirat – Comportementaliste
http://www.communicanis.com

Bonjour,
Django, notre Cane Corso de 1 an (qui a toujours été gentil et docile) s'est mis à braver les interdits et grogne même lorsqu'il fait des bêtises et qu'on le dispute. Cela a commencé il y a peu quand mon mari jouait avec lui, en se mettant à quatre pattes et en le poussant un peu pour jouer, comme ils le font depuis toujours. Il y a eu quelques grognements même un coup de dent dans le vide. Mon mari l'a puni en le prenant par le collier pour le conduire fermement dans les toilettes pour ¼ d'heure. Car il ne faut pas qu'il ait le dessus, on nous l'a bien dit ! Mais pourtant il se met à réagir de plus belle quand nous lui donnons des ordres et cela nous inquiète, comment peut-il changer tellement, lui qui était si gentil? Je dois vous avouer que j'ai maintenant un peu peur de ses réactions. On nous a conseillé de l'éduquer à l'obéissance pour le dominer, qu'il soit moins rebelle et qu'il se soumette, mais en lisant vos textes, je me demande vraiment si c'est la solution.
Mme Lefebre


Bonjour,
A son âge, Django est encore un jeune chien en pleine puberté et il ne sera adulte qu'autour de 24 mois. Pendant cette période on peut souvent observer chez le jeune chien, des modifications comportementales parfaitement légitimes pour celui qui passe du statut de chiot à celui de jeune pubère.
Si dans la cohabitation un relationnel n'a pas été posé pour une bonne communication et une parfaite organisation des échanges avec l'entourage humain, ces changements de conduites sont encore plus émergeants. Or, la gentillesse et la docilité que vous croyez avoir relevé chez votre chien dans le passé n'était sûrement que sa capacité à vous mobiliser à tout instant, ce à quoi vous avez répondu par toute l'affection que vous avez pour lui. Dans la réalité canine des rapports entre individus, se rendre disponible à l'autre équivaut à s’y subordonner. Les « jeux » (on les appelle ainsi mais en fait ils sont exercices de compétences sociales entre chiens) entretenus par votre mari, sont également soumis à cette réalité canine, à savoir se confronter à l'autre « pour de faux » mais en même temps sérieusement. Ces échanges « jeux » entre congénères sont assez bien organisés et la communication y prend toute son importance: vocalises (grognements, aboiements, etc.), postures, mimiques, morsures (contrôlées) sont omniprésentes. Cette communication parfaite entre deux chiens ne se retrouve jamais dans les jeux que veut exercer un humain avec un chien, ce qui rend cette situation anxiogène pour l'animal.
D'autre part pour Django, produire des grognements et utiliser sa mâchoire dans ces échanges-là est tout à fait adapté à son organisation des rapports. Votre conjoint devrait ainsi (si ce n'est déjà le cas par la force des choses) arrêter ce type de « jeux » avec votre Cane Corso.
Devant cette réalité, que penser des sanctions et punitions appliquées ? Prendre par le collier, peut-être de manière brusque et brutalisante pour faire voir votre colère, et crier en direction de votre chien (vous faire menaçant à son égard) pour un comportement parfaitement adapté (si on se place de son côté) se résumerait alors à faire pression sur ses comportements naturels et l'empêcher de trouver une réponse adaptative. Ainsi, au lieu de soulager ces situations des tensions vécues, les voilà surchargées de tensions supplémentaires, et donc rien qui ne puisse apaiser.
Ces réactions punitives et ces ordres proférés en toutes circonstances, vous rendent ainsi imprévisibles aux yeux de votre chien, qui par ailleurs a pu voir aussi votre indéfectible disponibilité à son égard. Quelle incohérence d'être ceux qui se laissent orienter par Django au quotidien, puis tout à coup vouloir exercer du contrôle sur lui ! Pas étonnant dans ce « porte-à-faux relationnel » de voir surgir des menaces lorsque vous voulez vous exercer à lui donner des ordres.

Vous avez raison de ne pas vous égarer en accordant crédit à la formule réductrice/simpliste de l'éducation-obéissance-dominance à avoir sur votre chien. Ces « solutions » n'ont aucun rapport avec la problématique spécifique que vous rencontrez et qui réclame d'organiser des rapports structurés avec Django afin qu'il y trouve un équilibre. Pour ce type de travail, je vous conseille vivement l'aide d'un comportementaliste (attention, ni éducation, ni dressage) à votre domicile. Suivez ce lien pour trouver un comportementaliste régional : http://www.comportementaliste-formation.com/trouver-comportementaliste-region-France.html 

Michel Quertainmont - Comportementaliste
http://comportementaliste-mq.com


Bonjour,
Je vous contacte au sujet de Tzar (Jack Russel de 2 ans, adopté il y a peu). Je viens d'entendre un bruit à la cuisine et en arrivant il s'avère que le chien avait renversé notre poubelle pour manger les restes de nourriture qu'il y avait à l'intérieur (il avait aujourd’hui mangé 2 fois des croquettes, mais en étant loin de finir sa gamelle). Il m'est très difficile de me retenir de punir le chien car il est inconcevable qu'il fasse ça, je ne comprends pas pourquoi. Il n'avait jamais fait ça jusqu'à présent (il dort la nuit au salon-cuisine avec la chatte depuis environ 2 semaines).
Je souhaite savoir quelle conduite tenir dans ce cas là. Laisser faire n'est-ce pas l'autoriser ? Je veux bien pour l'instant ne pas le solliciter au niveau obéissance mais ma patience dans ce cas précis est très limitée. Dois-je l'attacher la nuit au pied de la table ? Sinon comment faire ?
Cordialement
Esther

Bonjour,
Attacher ce jeune chien adopté récemment, à la table de la cuisine? Oui bien sûr pourquoi pas? Et toutes les nuits, naturellement… !
Mais ne serait-il pas plus raisonnable et cohérant (en même temps que compatissant) de le laisser seul dans une pièce (cette cuisine) sans les restes de nourriture (les vôtres dans la poubelle) sous la truffe (?!)
On a toujours la possibilité de vider nos poubelles le soir, et finalement cette solution est simple et économique en énergie. Il ne serait pas là, question de "laisser faire"… mais de ne pas pousser l'autre à "la faute"…
Pour un chien, dans les codes sociaux de l'espèce, une nourriture dont s'est détourné le leader (le chien dominant) signifie qu'elle est laissée à disposition des autres. C'est le schéma des restes dans la poubelle, dont vous vous détournez!
Le chien est dans un monde d'odeurs (avec son sens olfactif très développé), ne l'oubliez pas, et si Tzar n'avait jamais fait cela, voyez qu'il en est parfaitement capable (comme tout chien d’ailleurs). Peut-être ces restes-là étaient-ils puissamment attractifs!? Peut-être la chatte s'en est-elle approché pour les flairer? Cela aurait pu sur-stimuler Tzar? Qui sait?
En tout cas si l'on veut vraiment harmoniser nos relations avec des êtres vivants d'espèces qui ne sont pas la nôtre, on se doit d’organiser quelque peu cette cohabitation en conséquence.
Mais on peut aussi vouloir ne rien aménager de notre quotidien, ne pas chercher à comprendre l’animal et simplement le contraindre, l'obliger, le menacer, le punir, le sanctionner, l'enfermer, l'attacher, le museler, le frapper... on a tous les droits sur ses propres animaux… jusqu’à en « oublier » nos devoirs.
Danièle Mirat – Comportementaliste
http://www.communicanis.com

Je viens de déménager de chez mes parents avec ma chienne, et elle se met à hurler dès que je la laisse seule pour aller au travail ou faire des courses.
Dois-je lui mettre un collier anti-aboiements ? Car mes parents ne voudront pas me la garder. Merci d’avance de ma répondre.
Carine

Bonjour,
Votre chienne hurle sa détresse et sa désorientation dans la rupture et la perte brutales des repères de son ancien quotidien, et l’idée qui vous vient (à moins que cela vous ait été conseillé) c'est de la soumettre à des décharges électriques punitives… Quel dommage !
Et donc, puisque vous me demandez mon avis, je vous le donne: c'est NON à votre question, car un collier anti-aboiement n’est pas une solution mais juste un violent moyen de régler votre problème (en ligne sur mon site, voyez précisément ce que je pense de ce type de répression des comportements: http://www.communicanis.com/collierantiaboiement.htm )

Un déménagement est un grand chambardement dans la vie d'un chien, et cela le déstabilise le temps de trouver (avec l'aide compatissante et la patience de ses propriétaires) à s'adapter à sa nouvelle vie avec de nouveaux rituels quotidiens.
Et d’ailleurs, en dehors du fait qu'elle ne sait pas rester seule sans stress dans ce nouveau lieu de vie, votre chienne était-elle habituée à rester seule auparavant ?
Bref, prenez compte de tout cela et contactez votre comportementaliste régional, qui va vous guider pour passer ce cap avec votre chienne (http://www.comportementaliste-formation.com/trouver-comportementaliste-region-France.html )

Cordialement,
Danièle Mirat – Comportementaliste
http://www.communicanis.com


Le 26 février 2009

Nous avons une petite femelle Chihuahua de 3 kg, et régulièrement elle mange mes chaussons ou mes bottes. Elle a maintenant un an, nous l'avons eu à l'age de 6 mois et nous sommes déjà sa 3ième famille.
J'en ai marre d'être obligée de racheter des chaussures, sans compter que cela à un coût ! Je lui mets une fessé avec les chaussons qu'elle a mangé, mais apparemment ça ne la rebute pas car elle continue à nous les dévorer en faisant des trous dedans avec ses petites dents.
Je lui ai acheté des jouets, des os à mordre, mais ça ne change rien, elle s'en prend toujours à nos chaussures.
Pourriez vous m'expliquer pourquoi notre petite chienne a une telle attitude?
Bénédicte de Nancy


Je suppose que votre petite chienne se livre à ces dégradations de chaussures lors de vos absences, ce qui peut indiquer en elle des états de tensions, qu'elle tente de rediriger pour s'en décharger, et cela en exercice musculaire de sa mâchoire, sur des objets sur stimulants olfactivement tels que VOS chaussures/chaussons (qui d'autre part, sont bien votre présence -olfactive-).
Concernant vos "fessées" et autres répressions/sanctions, cela ne peut avoir aucun impact régulateur, car votre petite chienne ne peut raccorder votre désignation de ces objets et votre mécontentement associé, au fait qu'elle les a détruits... sachez que pour un chien il n'y a pas notion d'avoir fait "mal" ou "bien" (faire bien ou mal étant des notions de morale et donc uniquement humaines).
Penser qu’ainsi le chien se vengerait c’est aussi faire fausse route, autant que d’ajouter « d’ailleurs, il sait qu’il a mal fait, puisqu’il détale penaud à notre retour ». Il faudrait que l’animal ait le sentiment d’avoir « commis une faute » pour se sentir coupable, or il reste étranger à ces notions, je vous le disais. Il peut détaler en effet, mais c’est pour se soustraire à la colère qui s’abat sur lui, et si c’est en s’aplatissant c’est en signe d’apaisement et pour tenter de désamorcer tout conflit.
Toutes les sanctions n'étant pas productives (et vous le constatez) il y a lieu d'en faire l'économie car elle nuisent à votre relationnel avec votre petite chienne qui finira seulement par vous craindre... mais sans jamais comprendre ce qu'on attend d'elle!
Pour faire simple par mail, j’ai juste envie de vous inviter à mieux ranger ces objets (de trop haute convoitise olfactive pour votre petite chienne) ... et peut-être trouvera-t-elle alors à se tourner vers ses objets personnels.
Danièle Mirat – Comportementaliste
http://www.communicanis.com

C’est à nouveau moi, Bénédicte de Nancy, et je vous remercie pour ces informations et ce conseil… depuis je comprends et je range mes chaussons et chaussures hors de sa portée.
Mais pourquoi notre petite chienne serait-elle anxieuse ?
Elle est adorée, choyée, nous sommes tellement content de l'avoir, elle ne manque pas de jouets, d'os à rogner, ni même de nourriture. Je vous dis cela car elle a des croquettes à volonté, souvent on lui fait un petit repas pour elle et elle trouve encore le moyen de réclamer lorsque nous sommes à table. Sinon la nuit ou dans la journée, lorsqu'elle est seule, elle fait les poubelles. Elle sort les pots de yaourt, elle les lèche sur le canapé, mais aussi les litres de lait vides ou les emballages de toutes sortes, jambon, saucisson, etc !
Nous sommes un peu dépités devant son attitude. Que peut il lui manquer ? Que devons nous faire, pour qu'elle soit bien?
Je sais c’est encore beaucoup de questions, mais on voudrait tellement savoir pourquoi notre petite chienne est comme ça.
Bénédicte de Nancy


Il vous semble offrir le maximum à votre petite chienne (et cela paraît en effet être le cas) mais ce n'est là qu’un point de vue d’humain.
D’un point de vue canin (c'est à dire d'un individu d'une autre espèce que la nôtre) cela peut vite n'être pas vécu comme idéal! Mieux connaître et comprendre son chien lui faciliterait grandement la vie et lui ferait bien moins de tensions quotidiennes.
Pour votre part, un certain nombre de choses vous échappent pour mieux comprendre votre petite Chihuahua.
Exemple : vous ne tenez nullement compte du fait que votre petite chienne soit si stimulée olfactivement (et réponde donc à ces massives et puissantes stimulations olfactives, par une recherche active pour en atteindre les sources). Apprenez, si vous ne le savez déjà, qu'un chien est, et vit d'abord, et avant tout, dans un monde d'odeurs (certains scientifiques évaluent son sens olfactif autour d’1 million de fois plus sensible que le nôtre)... alors que le sens référence premier de l'humain est sa vision, et assurément pas son nez, bien loin d'être performant !
Convenez donc que les chaussures/chaussons (très odorants, nous ne pouvons le nier), les riches contenus de nos assiettes (pendant que le chien doit se contenter de croquettes-fussent-elles-à-volonté), les restes et reliefs de repas y compris leurs emballages (encore hautement odorants) déposés dans une poubelle accessible... tout cela n'est-il pas olfactivement de la torture canine ? Et comment tant de jeunes chiens peuvent-ils y résister ? Pitié pour eux, et que l’on ne vienne pas se plaindre qu’ils ne sont pas sages !
Cela n'était qu'un petit exemple pour vous aider à percevoir à quel point le monde de nos chiens peut nous être étranger, et combien ils mènent "une autre vie" que la nôtre en habitant près de nous.
Je suis sûre que vous allez, au moins sur ce plan olfactif, mieux comprendre votre petite chienne, et bien ranger (inaccessibles, donc) les restes de table et emballages divers, pour les jeter très vite chaque matin et/ou soir dans des containers extérieurs.
Danièle Mirat – Comportementaliste
http://www.communicanis.com

Nous possédons, ma fille et moi, 2 chiens adultes dont une chienne adoptée à la SPA depuis 3 ans. Comme vous le savez ces chiens sont reconnaissants et peut-être un peu trop possessif !
Hier nous venons d’accueillir dans notre foyer un chiot de 2 mois, en l’occurrence très sociable, mais refusé par les deux grands.
Je souhaiterais savoir si ce refus risque de s’installer dans le temps et dans ce cas comment y remédier ? Une consultation suffirait-elle ?
Je vous remercie vivement pour votre réponse.
Martine de Bois-Colombes


L'intégration d'un chiot dans un groupe déjà constitué (d'humains et de chiens) n'est pas cette facilité imaginée et peut parfois faire problème. Mais comment vous conseiller dans votre situation relationnelle (dont je ne sais rien!) avec vos chiens...? Je parle de vous conseiller de manière personnalisée, c'est à dire en tenant compte de vos chiens, de tout leur environnement et de l'historique. Je ne peux réaliser cela qu'en consultation à domicile, car c'est ainsi que je réunis les éléments d'informations qui me permettent de comprendre les diverses influences qui conduisent à l'intégration difficile d'un chiot ou de tout autre individu dans ce groupe. Et pour répondre à votre question : oui ! Une seule consultation peut parfois suffire, mais une 2ème est souvent nécessaire..
C'est en tout cas votre modèle interactionnel avec vos 2 chiens adultes qui pèse aujourd'hui de tout son poids pour que l'arrivée d'un chiot puisse n'être pas bien vécue par eux. En veillant à ne pas porter une attention très soutenue au chiot (ce qui est le contraire de ce que l'on fait habituellement) peut-être que vos chiens finiront par "adopter" le petit... mais il faudrait leur laisser faire leur loi vis à vis de lui! (C’est aussi -maladroitement- ce que l'on a peur de leur laisser faire! et qui les gêne pour vivre le nouvel arrivant autrement que comme "gêneur"!)
Cordialement,
Danièle Mirat – Comportementaliste
http://www.communicanis.com


Le 28 janvier 2009

Bonjour,
Je vous écris pour avoir de l'aide car mon Boxer César, régresse. Depuis environ deux mois il urine à l'intérieur de la maison. J'ai augmenté la durée des sorties, mai rien n'y fait. Mon ami (que César connaît depuis 4 mois) est assez ferme avec lui depuis le début et lui a montré que c'était interdit, puis l'a enfermé pour qu'il comprenne que nous sommes fâchés. Pourtant César continue, et nous n'arrivons pas à le prendre sur le fait, nous trouvons seulement les traces d'urine, comme s'il voulait se cacher !
Nous avons pensé aussi que c'était parce que nous nous absentons (quand on le laisse seul) mais il nous arrive de trouver des pipis alors que nous sommes dans la maison. Hier il a uriné sur l'accoudoir du canapé, cela devient vraiment pénible. Il a 4 ans, et on dirait qu'il ne sait plus être propre, un peu comme un chiot… que peut-on faire ?
Armelle de Vernon


Bonjour,
Les critères de propreté minimum pour la cohabitation d'un chien chez l'humain, sont ceux de devoir se retenir de se soulager n'importe où et n'importe quand. Donc, il revient au chien d'attendre que lui soit proposé justement un endroit et un moment où cela lui est possible. La malpropreté serait donc un défaut de cet apprentissage au jeune âge, mais votre Boxer semble bien avoir appris cela depuis presque 4 ans. Alors, à part le priver de sorties pour qu'il puisse éliminer, il ne peut pas perdre cet apprentissage ou... « régresser » ! La piste « malpropreté » du chien adulte qui « redeviendrait comme un chiot » peut donc d'évidence être écartée.

Et pourtant César urine... car chez les canidés, les éliminations ne sont pas seulement destinées à évacuer les résidus de l'organisme. Ainsi, l'urine et les matières fécales transportent des éléments olfactifs qui contiennent des informations à destinations des autres congénères. Rappelez-vous les flairages de votre chien en promenade et l'intérêt qu'il porte à toutes traces laissées par d'autres chiens. Voyez aussi comme il s'exerce à uriner sur l'une ou l'autre de ces traces.
Les éliminations sont donc également des moyens de communication à l'attention de ceux qui pourront en faire la lecture. Les chiens sont bien entendu parfaitement équipés pour recevoir tout message d'un congénère et pour diffuser les leurs.
Alors, que veut dire César, et à qui s'adressent les multiples traces urinaires qu'il produit un peu partout ? Nous, les humains, sommes pour notre part mal équipés sensoriellement pour pouvoir lire avec précision ce que César cherche à communiquer, et le contenu de ses messages nous échappe entièrement.
Par contre, s'il se mobilise ainsi, c'est bien vers l'entourage qu'il cherche à diffuser des informations. Même s'il ne nous est pas donné de comprendre ce qu'il veut nous « dire », on peut parfaitement y voir une gêne (de son côté) dans l'organisation de la cohabitation. On observe couramment que les causes principales de cette gêne sont celles d'un relationnel un peu flou, dans une communication humain/chien légèrement altérée. Toutes les manœuvres plus ou moins rudoyantes pour sanctionner César ne seront alors que tentatives malheureuses de le forcer à ne pas communiquer sa difficulté. Rien de plus propice à l'enfoncer encore un peu plus et de voir augmenter ses productions urinaires, ce que vous ne cherchez justement pas!
J'ai assurément trop peu d'informations pour faire une analyse précise de votre situation avec César, mais peut-être pourrait-on s'intéresser à ces « nouveaux comportements » et faire lien avec cette autre nouveauté qu’est la venue de votre ami et la « fermeté » qu'il affiche à son encontre (depuis 4 mois). De bons aménagements relationnels et des ajustements de la communication avec César sont en mesure de faire cesser les éliminations, mais ils sont à définir avec justesse et précision. Il faudra pour cela vous faire aider par un comportementaliste professionnel exerçant sur votre région :
http://www.comportementaliste-formation.com/trouver-comportementaliste-region-France-Belgique-Suisse.html
Cordialement,
Michel Quertainmont Comportementaliste
http://comportementaliste-mq.com


Bonjour,
Pour combler l'absence de notre chat décédé dernièrement, nous souhaitons adopter un chaton. Celui-ci a tout juste 3 mois et nous savons hélas ! qu’il n'a encore jamais rencontré de chien. Il doit arriver chez nous sous peu, après un long voyage en avion + voiture.
Pouvez-vous nous conseiller pour que tout se passe bien avec notre Leonberg Scoty (qui est d’ailleurs de + en + gentil et tranquille suite à nos consultations avec vous).
Nous ne savons pas comment il peut réagir face au chaton, ni comment ce dernier va réagir face à Scoty, mais aussi face à notre vieux Malamute Mélo (qui lui toutefois, et vous le savez, est un chien tellement placide).
En pratique, à votre avis comment devons-nous procéder ? Devons-nous isoler le chaton dans une pièce dès le départ, sans le montrer aux chiens ? Si oui, durant combien de temps ? Devons-nous les mettre en présence dans une pièce neutre avec les chiens en laisse et le chaton libre ? Présenter les chiens en laisse l'un après l'autre ?
Bref, nous avons lu et entendu tellement de choses que nous ne savons plus très bien comment agir au mieux, alors pouvez-vous nous éclairer ?
Très cordialement.
Sylvie


Bonjour,
Pour un nouvel arrivant "chaton" sur un espace investi par des chiens (molosses ou pas d’ailleurs), il est prudent pendant quelques jours, de faire vivre le nouveau petit arrivant dans une pièce fermée, avec tout son équipement: bac à litière - nourriture - couchage - le temps qu'il se pose, se remette de ses émotions et se familiarise un peu avec son nouveau monde.
Quand vos 2 molosses Scoty et Mélo seront en balade avec votre conjoint, laissez le chaton investir un peu le reste de la maison, y compris les lieux où les chiens circulent habituellement... puis remettez le petit chat dans son espace privilégié, juste avant le retour des chiens.
Le chaton aura ainsi petit à petit, et sur plusieurs jours de ce "manège", la possibilité "d'apprendre", par exemple, la grand pièce à vivre, avec ses caches sous les meubles, certains espaces en hauteur (accessibles pour lui, mais inaccessibles aux chiens) etc...
De cette manière, dans quelques jours (de 3 à 6 ou10 jours, selon l’aisance exploratoire du chaton) il sera possible de le laisser dans cette pièce (en toute liberté surtout) quand les chiens rentreront, eux-aussi en toute liberté, et surtout jamais attachés! ce qui déclencherait la frustration par l'entrave.
Si le chaton a toutes possibilités de se réfugier, il ne craint rien, et ce sera alors à lui de faire des approches quand il se sentira de le faire.
Voyez ce qui se joue, banalisez et intervenez le moins possible. Si c'est calme mais que le chaton ne sort pas, on isole les molosses pour remettre le chaton dans sa pièce et on recommence ainsi plusieurs jours de suite... jusqu'à ce que tout ce petit monde soit, petit à petit, de moins en moins émotionné par simple habituation de cette présence par odeurs.
Surtout, n’intervenez pas si les chiens et surtout Scoty, n’ont pas d’attitude fortement agressive, car toutes injonctions adressées aux chiens et du genre : Non! Soit sage! Viens ici ! etc…) et ce parce que l'on a peur, peuvent venir maladroitement effrayer et inhiber le chaton qui prend peur lui aussi. Or, il faut que celui-ci devienne assez assuré pour s’aventurer vers les chiens, et pourquoi pas se dresser et cracher devant eux pour les informer des ses propres limites... il n'y a que lui qui peut le faire pour lui!
Ensuite, vous veillerez à être sobres vis à vis du chaton, ne marquez pas trop d'attention sur lui quand les chiens sont présents, ça soulèverait inutilement en eux, frustration et agitation... au début c'est donc important de banaliser la présence du petit nouveau... plus tard, on pourra être moins retenu selon les attitudes des chiens (de Scoty surtout).
Cordialement,
Danièle Mirat Comportementaliste
http://www.communicanis.com
 


Le 22 janvier 2009

Nous possédons une petite boule dogue de 3 mois. Tout allait bien jusqu’à hier où elle a eu son rappel de vaccin. Depuis, elle montre les dents et essaye de nous mordre dès qu'on veut la prendre dans les bras.
Bien sûr je pense qu'elle a mal, mais cette situation me fait peur car j'ai l'impression de ne plus la contrôler. Nous avons 2 enfants et il n'est pas facile de leur dire de ne pas la toucher, surtout pour mon fils qui joue beaucoup avec elle et qui se fait beaucoup mordiller.
J'espère que ce n'est qu'un mauvais passage et qu'elle ne va pas garder cette manie d'essayer de nous mordre. J'ai déjà eu d'autres chiens et des plus gros mais jamais ils n'avaient grogné sur moi (mais je n'avais pas non plus d'enfant pour les embêter !) Merci de vos conseils pour que cela ne s'envenime pas.
Myriam de Paris


Lors de cette journée "vaccin", la petite Boule s’est peut-être trouvée un peu trop manipulée, ce qui a pu la rendre ensuite moins tolérante à tous contacts... comme une sorte de "ras le bol" mais qui doit être momentané. Si vous suspectiez qu’elle continue d’avoir mal, il faut absolument retourner voir le vétérinaire.

D'une manière générale si le chiot mordille, il y a lieu de se soustraire à ses mordillements (stop des caresses, jeux, etc..) en le laissant-là avec un jouet, pour aller faire autre chose. On fait rupture des contacts et de la relation dès qu’il y a surexcitation.
Il ne sert à rien de repousser, dire Non! etc... Au contraire, cela alimente et renforce les comportements d’agitation !
Rapidement le chiot apprend (sans contrainte sur lui) que s'il s’agite et mordille, il n'y a plus personne pour interagir. Il va chercher une autre mode d’échanges.
Sécuriser la cohabitation enfant-chien c’est veiller à ne pas les laisser ensemble sans surveillance adulte et les stopper avant la surexcitation.
Mais vous avez le devoir d'apprendre à l'enfant dès qu’il sera en âge de comprendre, qu’il doit arrêter de jouer dès que le chiot mordille. Tout devoir parental est aussi d’exiger que l'enfant n'envahisse jamais le chiot quand il s’alimente ou se repose dans son panier. De même qu’il faut lui apprendre à respecter le petit animal par une modération de ses étreintes et autres manipulations intrusives. L’enfant peut parvenir à comprendre que le chiot (le chien) est un compagnon de jeu mais pas un jouet !
Les grognements viennent souvent par agacement du chiot (ou du chien) à force de contacts un peu trop nombreux, trop appuyés, trop inopportuns, alors anticipons pour que cela n'arrive pas. L'actualité est pleine de morsures sur enfants par inconscience et mauvaise responsabilisation des parents, je suis sûre que vous ne serez pas de ceux-là.

Danièle Mirat
Spécialiste de l'étude des relations Homme/Chien et Homme/Chat selon une approche scientifique et systémique
Site Internet : http://www.communicanis.com



Sur votre site Internet, dans votre rubrique « éthologie du chien familier » vous soulignez l’importance des jeux des chiots avec leur fratrie, pour leur bon développement. Malheureusement, notre chiot coton de Tuléar de 12 jours reste seul, son frère étant décédé à la naissance. Il est donc avec sa mère (elle est âgée de tout juste 1 an) son père âgé de 4 ans et notre chat âgé de 5 ans. Comment pouvons nous faire pour que le chiot apprenne et développe des comportements « normaux » ? Pour information, nous avons un jeune garçon de 12 ans qui veut bien faire aussi.
Merci d’avance pour vos conseils,
Rolande


Pas de fratrie pour que le chiot puisse interagir et apprendre avec eux, mais il aura la chance de profiter de « l’enseignement » de son père, ce qui n’est pas souvent le cas pour beaucoup de chiot. Pour l’instant, l'important est de surtout laisser le petit avec sa mère et tous deux bien tranquilles (mais sans être pour autant isolés). Elle est la première initiatrice des apprentissages sociaux de son chiot et dans 15 jours/3 semaines elle pourra être secondée par le mâle.
Le père interagit différemment de la mère avec le chiot et son concours est précieux pour élargir le champ d’acquisition des bonnes manières canines du petit. La présence du chat est également un atout, et sa présence sans que cela soit d’abord dans la promiscuité, sera un appréciable apport de jeux dans quelque temps, pour une bonne socialisation du chiot à cette espèce.
Quant à votre jeune enfant de 12 ans, veillez à ce qu'il reste calme et non intrusif dans ses contacts (modérés donc) avec la mère et son chiot. Certains autres enfants (amis peut-être) pourront faire présence prochainement, mais surtout sans être désordonnés et bruyants.
Quant à vous, veillez à offrir à la mère la tranquillité (et donc la sécurité) qui lui permettra de faire faire de bons apprentissages d'autocontrôle de son énergie et de sa morsure à son chiot. Vous pouvez également l'aider en manipulant un peu chaque jour (et doucement) le petit animal pour l'initier à la confiance dans les caresses des humains.
Si toutefois vous craignez ne pas pouvoir faire au mieux, prenez l’aide de votre comportementaliste régional qui vous guidera pour un meilleur développement social du chiot.

Danièle Mirat
Spécialiste de l'étude des relations Homme/Chien et Homme/Chat selon une approche scientifique et systémique
Site Internet : http://www.communicanis.com



Nous avons une jeune Cocker de 1 ½ an qui dort la nuit dans notre garage à l'intérieur d'une petite niche en bois. Nous voudrions savoir si cet hiver elle pourrait souffrir du froid, sachant que le garage n'est pas vraiment isolé? Merci d’avance de vos bons conseils.
Helena et Bastien


Les brusques et grands écarts de température auxquels un organisme est confronté, sont plus durs à supporter que le froid en lui-même. Exemple: un chien vit le jour au chaud douillet de l'intérieur de la maison et il doit passer la nuit dehors dans sa niche… Cela peut-être particulièrement dommageable à la santé d’un chiot ou d’un senior.
Donc, si votre jeune chienne (à qui il faudra bien laisser tout son poil) n'a pas à vivre de trop brusques et grands écarts de température entre sa vie de la journée et sa vie de la nuit, elle pourrait parfaitement bien supporter les nuits de l'hiver dans le garage (si toutefois cet hiver-là n'est pas de trop grande rigueur quand même !)
Puisque ce garage n’est pas isolé, prenez soin de bien isoler la niche elle-même. Vous pouvez facilement la recouvrir de produits isolants du commerce (de type laine minérale à revêtement kraft ou alu) et aménager l'intérieur avec un épais tapis au sol, plus une robuste couverture ou une bonne vieille couette dans laquelle la chienne trouvera à se nicher. L’important sera que ces protections ne soient jamais humides.

Danièle Mirat
Spécialiste de l'étude des relations Homme/Chien et Homme/Chat selon une approche scientifique et systémique
Site Internet : http://www.communicanis.com


Le 2 décembre 2008
 
Bonjour,
Il y a 2 jours, nous avons fait l’acquisition d'un chiot, petite femelle boxer âgée de 9 semaines.
Nous nous demandons quel est le meilleur moyen pour lui apprendre la propreté sachant que nous vivons dans un appartement avec balcon. Elle souille son coussin, et de plus elle nous fait des « pipis de joie » et ne savons pas comment y remédier.
Elle a très bon caractère et nous ne voudrions pas, par des gestes inopportuns, la rendre agressive ou peureuse.
Merci d'avance de votre aide.
Christine


Bonjour,
L'apprentissage des critères de propreté attendue par tout propriétaire de chien, s'initie comme pour votre petite femelle boxer dès l'arrivée au domicile. Il s'agit encore à cette heure d'un environnement inconnu pour elle, mais dans lequel elle va progressivement prendre tous repères de vie au quotidien. Tout se base d’abord sur le modèle du milieu d’élevage dans lequel auront pu se dérouler les prémisses d'un apprentissage de la propreté, encouragé par la mère : se déplacer pour aller éliminer hors proximité du nid et de la zone d’alimentation (si toutefois c’est possible et cela n’était peut-être pas le cas pour votre chiot qui souille son coussin). Parmi ces expériences précoces et répétitives, le chiot s'imprègne des conditions de cet apprentissage, et en particulier le substrat sur lequel il peut aller se soulager.
A l'arrivée au domicile, et en dehors de l'épreuve que constitue l'arrachement du milieu d'élevage et la perte de la fratrie, le substrat préférentiel peut manquer et les possibilités laissées au petit chien (nombre de sorties) peuvent être insuffisantes.

La patience sera de mise et elle sera encore plus nécessaire si les conditions d'élevage n'ont donc pas été bien formatrices. Par ailleurs, à cet âge, les capacités physiologiques de votre chiot à retenir ses éliminations sont faibles, mais vont se développer progressivement jusqu'à 6/8 mois. Ainsi on considère qu'à son âge son besoin d'éliminer est d’environ toutes les deux heures, et principalement à la suite d'une période de repos, d'activités (exploration, jeux) et d'alimentation.
Idéalement, il s'agirait donc d'être fortement disponible pour pouvoir sortir à ces « bons » moments et obtenir les éliminations dehors (favorisant ainsi la réussite de cet apprentissage).

En sortie à l’extérieur (et surtout sans attendre les derniers vaccins)* il vous conviendra de choisir des endroits peu fréquentés, et plutôt « propres », et surtout sans chercher à stimuler votre chiot pour toute activité de jeu qui ne ferait que la distraire et mobiliser son attention... pour se laisser aller dès le retour à la maison ! Aussi, dès que ses éliminations sont obtenues dans les conditions que vous organisez pour elle, mais en prenant la peine de ne pas la surprendre ou l'interrompre, je vous invite à renforcer cette situation en lui proposant une toute petite récompense alimentaire. La disponibilité, la bonne organisation et la répétition sont les fondamentaux pour que tout se déroule au mieux et plus ou moins rapidement.

Des éliminations vont toutefois se produire à l'intérieur, et je vous recommande de ne pas chercher à les sanctionner. Le seul effet des sanctions est alors un jeune animal qui craint d'éliminer en votre présence (à l’extérieur, imaginez l’impact !). Au contraire, ne pas y prêter attention, inviter ensuite le chiot vers une autre pièce où il sera isolé durant le nettoyage (à opérer sans produits javellisés) constituent les facilitateurs élémentaires pour l'apprentissage du petit chien.
Pour les éliminations identifiées comme émotionnelles, « de joie » disiez-vous, il s'agirait bien de se saisir de la même neutralité en ces circonstances, donc sans y prêter aucune attention ni réaction. Tout ce qui serait déployé d'intérêt, de caresses ou au contraire de désapprobation, ne ferait qu'alimenter et entretenir cet état émotionnel et les manifestations qui s'y rapportent. Ne l'oubliez jamais, votre chiot n'a que de faibles capacités physiologiques à retenir la miction et votre indulgence bienveillante ne pourra qu'être aidante pour elle.
Si malgré toute cette bonne mise en place, l'évolution ne se voyait pas après quelques semaines, il serait alors toujours temps de faire appel au comportementaliste professionnel de votre région pour une aide personnalisée.
(* N’attendez pas les deniers vaccins pour la promener ! Il y a plus à craindre à ne pas entretenir rapidement une bonne socialisation au milieu extérieur en ne la sortant pas, qu’à la maintenir à l’intérieur par peur des infections possibles. Le risque infectieux est minime par rapport à celui de vous retrouver avec un chiot qui ne saura pas aborder sans crainte les sorties en milieu urbain surtout, parce qu’elle n’y aura pas été familiarisé assez tôt. Risque encore majoré si votre chiot vient d’un élevage isolé en campagne où elle n’a pas été en contact du tout avec des bruits de rue).

Michel Quertainmont -
Comportementaliste
http://comportementaliste-mq.com


Bonjour,
J’ai un dogue de Bordeaux de deux ans qui a commencé à manger les murs il y a quelques mois. C’était seulement un « petit grignotage » mais toujours quand nous n’étions pas à la maison.
Mais là, ce matin à notre réveil nous avons découvert un gros morceau de mur en moins ! Il a donc vomi un peu.
Je souhaiterai savoir si c’est commun, car il y a quinze ans de cela, j’ai déjà eu un dogue de Bordeaux qui commençait à lécher les murs puis à les grignoter aussi.
Merci de m’éclairer sur ce comportement qui nous inquiète
Evelyne


Bonjour,
Votre absence semble bien être à l'origine de cette activité chez votre dogue. Que vit-il (que ressent-il) à l'instant où vous quittez la maison et où il se retrouve donc seul ?
Même si j'ai peu d'indications sur les endroits atteints, ou sur la cohabitation au quotidien, je peux toutefois vous informer sur ce qui pourrait faire motivation chez lui à s'exercer de la sorte.

Ce pourrait être de la détresse à rester seul sans vous, mais dans ce cas il s'intéresserait plutôt aux objets imprégnés de vos traces olfactives (empreintes sur tout objet saisi : télécommande, livres, revues, coussins, etc.). Or, plutôt que de vivre le manque de vous et rechercher tout indice odorant de votre présence capable de le rassurer, il se met en activité dirigée vers ce qui peut-être l'empêche de vous rejoindre (les murs sont un barrage).

C'est une manière bien plus active et déterminée dont on peut penser qu'elle est liée à de la frustration... qui n'est ni plus moins celle de vous voir vous soustraire à SA présence.

La nuit d'ailleurs, lorsque vous vous soustrayez également à sa présence, les mêmes manifestations apparaissent maintenant, jusqu'à devenir dangereuses pour lui et sa santé.

Cela m'amène donc inévitablement à considérer que même si vous n'en décelez pas les signaux de façon flagrant il peut être difficile pour votre chien de vivre un énorme contraste entre votre disponibilité indéfectible pour lui quand vous êtes en présence, et le vide vécu quand vous vous retirez brutalement de ses attentes.
Il faudrait ainsi s'assurer que l'entourage humain soit plus cohérent et plus constant dans toutes les interactions avec votre dogue de Bordeaux, en choisissant de n'être plus réactif/répondant à toutes ses démonstrations/sollicitations notamment. Ce travail précis de réorganisation devrait toutefois se mener avec l'aide de votre comportementaliste régional pour qu'il ne prenne pas une tournure approximative et peut-être encore plus aggravée.

Pour ma part, je ne vois donc pas de lien à faire avec des dispositions raciales qui inviteraient tous les dogues de Bordeaux à s'intéresser de plus près aux maçonneries de nos habitations. J'ai bien envie de vous proposer une autre lecture des comportements similaires de votre dogue précédent, pour ce qu'il sont probablement inscrits dans un relationnel similaire. Une même façon de vivre au quotidien avec eux produisant les mêmes effets.

Je vous réitère enfin mon avertissement sur les dangers de telles « destructions » qui peuvent tout à fait rencontrer un réseau électrique encastré et être fatales pour votre jeune chien, n'attendez donc pas pour vous faire aider.

Michel Quertainmont -
Comportementaliste
http://comportementaliste-mq.com

 



Le 5 novembre 2008

Lulu, notre Coton de Tuléar de 4 ans, est extrêmement pacifiste avec notre nouveau chiot (gentille petite femelle de 4 mois). Malheureusement, la petite veut dominer le grand, elle n’arrête pas de l’agresser et le mordre, elle essaie même de le chasser tout en remuant la queue et grognant. Lulu ne fait rien, sauf fuir ou se mettre en hauteur, et parfois il vient demander de l’aide auprès de nous, de préférence dans les bras. Notre vétérinaire a conseillé de les laisser faire pour qu’une hiérarchie s’installe naturellement, mais notre Lulu semble triste et malheureux. Auriez-vous un conseil pour nous aider.
Armande


En effet n'intervenez pas dans ces "affaires de chiens" et détournez-vous pour faire autre chose.
Si Lulu vient trouver de l'aide auprès de vous, il ne parviendra jamais à poser ses propres limites au chiot ; c’est pourtant seulement à lui de le faire. Laissez-le finir par prendre l'initiative de gronder le chiot qui va devenir trop insistant, et peut-être même de le mordre un peu! Il doit apprendre (par ras le bol) à faire SA LOI lui-même, et pour cela il ne faut pas intervenir. Lulu n'est pas "malheureux", il est trop patient et un peu inhibé! Il va devoir s'affirmer et il le fera si vous le laissez affronter ce challenge.

Danièle Mirat
Spécialiste de l'étude des relations Homme/Chien et Homme/Chat selon une approche scientifique et systémique
Site Internet : http://www.communicanis.com
 


Il y a 2 mois nous avons recueilli Rami un mâle d’environ 2 ans (croisé berger), qui s’entend à merveille avec notre chienne Spitz de 6 ans (stérilisée).
Rami est sale chaque nuit, il urine soit de grosses flaques soit des plus petites, alors que la dernière sortie se situe vers 23h. A 7h au réveil, je nettoie ! Marque-t’il son territoire ou est-il sale ? Me disant qu’il allait s’adapter à son nouvel environnement avec du temps, je n’ai rien dit les premières semaines, mais hier je me suis fâchée (nez dans son pipi et dehors). Mais il continue !
Merci de m’aider
Aline


Concernant un chien trouvé, il est rarement possible de savoir quels apprentissages (volontairement conduits) il a pu faire.
Nougat sait-il donc se retenir d'une envie de se soulager là où il se trouve, pour aller s'exécuter plus tard et plus loin (c'est à dire, pour nous, hors de l'habitation au moment des sorties)?
Par exemple, s’il a toujours vécu en extérieur avant d’être chez vous, il n'a pas pu faire cet apprentissage. Si chez vous en journée il a libre accès à l'extérieur, il n'apprend toujours pas à se retenir, et comme la nuit il est maintenu enfermé, il se soulage naturellement de ses besoins.
D’une autre part, Rami vit chez vous en compagnie d'une congénère femelle avec laquelle il communique peut-être par urination (vous savez que les chiens utilisent entre eux ce moyen de communication).
Mais on peut faire bien d'autres analyses et donc en déduire d'autres conseils adaptés pour que Rami produise un comportement d'élimination plus attendu. Bien des éléments contextuels et aussi relationnels me manquent pour vous guider vers des aménagements appropriés et donc individualisés (éléments qui ne peuvent être recueillis qu'en consultation à domicile pour ce type de problème). Dans cette attente, cessez de punir (nez dans son pipi et dehors) car ces méthodes empiriques (et rudoyantes !) ne conduisent votre chien qu’à vous craindre mais pas comprendre vos attentes.

Danièle Mirat
Spécialiste de l'étude des relations Homme/Chien et Homme/Chat selon une approche scientifique et systémique
Site Internet : http://www.communicanis.com


Nous avons fait de notre mieux pour éduquer Pouly (Labrador mâle de 2 ans que nous avons eu à 2 mois) mais nous avons un gros problème avec son alimentation.
Au moment de ses repas, nous avions l’habitude de lui donner les ordres « Assis – Tu attends – Mange » rituel qui se déroulait sans difficulté jusqu’il y a environ 1 an, où les ordres "Assis- Tu attends" étaient toujours bien exécutés, mais "Mange" était suivi de grognements. Cela s’est aggravé, et maintenant alors que sa gamelle est pleine, le seul fait de le regarder génère grognements et aboiements.
Si l’on quitte la pièce, il nous suit tout excité. Le fait de rester près de lui (sans le regarder) l’incite à se nourrir. Passé ce moment difficile, il redevient adorable.
C’est un chien très joueur et gentil, et cet avis est partagé par notre vétérinaire (avec qui il se laisse bien faire).
Dernièrement nous avons suivi 10 séances d’éducation, mais Pouly a encore des défauts que nous n’avons pas réussi à corriger, comme de surveiller ardemment les allées et venues dans notre rue et aboyer/pleurer quand un chien passe ; ou bien aussi tirer sur sa laisse en promenade si l’on croise un chien ; et le problème nourriture qui n’est pas solutionné.
Nous sommes désemparés, que faire ?
Barbara


Avant toute autre chose, il faut minorer les tensions autour de la prise de nourriture de votre jeune chien.
Les "Assis – Tu Attends – Mange" et autres variantes du même acabit, génèrent souvent (chez les chiens les plus sensibles) des tensions qui conduisent plus ou moins fort et/ou rapidement, à des impasses comme celle que vous vivez avec Pouly. (Toutes tensions avant-pendant-après la prise de nourriture d'un chien, sont à moyen/long terme dommageables à sa santé, allant parfois jusqu'aux torsions de l'estomac -souvent mortelles-) Mais je sais bien que tout cela vous a été conseillé... quel dommage.
Je vous recommande maintenant la mise en place d’un nouveau protocole de distribution de sa nourriture (plus adapté à la sensibilité et l’anxiété actuelle de Pouly)
1) Préparer sa gamelle hors de sa présence (si possible cuisine fermée) en veillant à une ration bien calculée (ni trop, ni trop peu) par rapport à ses taille/âge/exercice physique)
2) Poser sa gamelle par terre et le faire entrer sans rien dire (ou un simple "Viens")
3) Sortir calmement et sans un mot en le laissant en tête à tête 10mn avec sa nourriture (cuisine fermée).
4) Passé le temps imparti, rouvrir sans commentaire, le laisser sortir de la pièce et ranger la gamelle (que celle-ci soit vide, pleine ou à moitié)
5) Même protocole au prochain repas (sans jamais changer un paramètre)
6) Ne jamais rien donner à table sur sollicitation du chien au cours des repas de la famille

Il est fort probable que pendant quelques jours Pouly "refuse" de manger selon ce nouvel ordre des choses. Ce n'est pas grave, maintenez ce protocole, et quand il s'accommodera de cette nouveauté, alors il mangera enfin sans stress... en gardant à vie ce protocole apaisant.
Cela dit, il y aurait lieu que cette nouvelle gestion de la distribution de l'aliment soit assortie et mise en cohérence, avec une meilleure gestion des interactions et de l'espace (surtout pour les aboiements vis-à-vis des congénères) dans tout votre quotidien avec Pouly. Si vous restez seulement focalisés sur ces moments "critiques" et n'agissez que là, vous en limitez malheureusement l'impact. C’est tout un meilleur relationnel qui soulagera Pouly et sera en mesure de sécuriser votre cohabitation (et même vos sorties).

Danièle Mirat
Spécialiste de l'étude des relations Homme/Chien et Homme/Chat selon une approche scientifique et systémique
Site Internet : http://www.communicanis.com


Nous n’avons pas compris notre chien ! Voilà, mon mari caressait Maxi notre gentil petit Bouledogue : le chien était en position allongé et mon mari face à lui à 4 pattes, jouant et lui faisant des câlins avec la tête comme quasiment tous les soirs. Sauf qu’on ne sait pourquoi, Maxi a mordu mon mari à l'oreille quand il a avancé sa tête la 3ème fois vers son chien …
Pourquoi ce revirement de situation ?
Nous avons puni Maxi en l’envoyant se coucher dans son panier au garage, au lieu de la maison. Nous ne savons plus quoi faire et penser. Pouvez-vous nous aider pour notre problème ?
Julie de Paris 15è


Les jeux des humains (adultes et enfants) avec un chien ne devraient être que des "jeux de lancer et rapport d'objet"... mais surtout pas des jeux de corps à corps, car voyez où cela peut mener même avec un très gentil compagnon.
Nous ne savons pas jouer comme des chiens entre eux, et surtout nous n'avons pas "l'équipement", c'est-à-dire une puissante mâchoire à plus ou moins large ouverture, pourvue de 42 dents, dont tout chien se sert normalement dans ses jeux avec congénères.
Agitations (voire excitations) peuvent un jour ou l'autre conduire le chien à une réaction vive, qui n'a pas pour but de nuire mais simplement de réagir à la situation présente, et parfois avec une rudesse toute canine.
Tous les contacts privilégiés (accolades, embrassades et autres soins du corps) dont nous sommes si friands, et qui nous semblent bien anodins, ne sont pourtant pas aussi simples à recevoir pour nos chiens. Pour une part, le sens de ces démonstrations affectives échappe à l’animal, qui lui, ne les vit pas forcément comme nous l’imaginerions. Nous sommes dans le piège anthropomorphique de l’émotion que nous ressentons en jouant, en caressant ou en embrassant notre chien. Nous imaginons à ces instants qu’il est motivé comme nous, et qu’il vit et ressent exactement ce qui nous anime. Mais comment savoir précisément ce que peuvent bien ressentir nos chiens sous nos caresses, bisous, étreintes et autres familiarités ?

J'ajoute que votre chien n'a sans doute rien compris à votre mécontentement (punir en l’envoyant au garage) car il ne pouvait pas être animé d’une "conscience d'avoir mal fait" (valeur morale et donc spécifiquement humaine, rappelons-le !).
Résultat de tout cela, apprenez à jouer à des jeux de lancer (pas de bâton, mais de jouet ou balle de chiens) et soyez plus sobres dans vos familiarités vis-à-vis de Maxi pour qu’il ne se trouve pas à nouveau en situation inconfortable. Vous risqueriez de ruiner votre relation par incompréhensions et peurs mutuelles.
Et si vous restez un peu démunis, rencontrez votre comportementaliste régional qui individualisera encore un peu mieux les conseils, pour sécuriser au maximum votre quotidien et anticiper toutes réactions vives de votre chien.

Danièle Mirat
Spécialiste de l'étude des relations Homme/Chien et Homme/Chat selon une approche scientifique et systémique
Site Internet : http://www.communicanis.com


Notre jeune femelle Staff Botox (âgée maintenant de 18 mois) reste très craintive.
Nous lui avons fait suivre des cours de dressage qui ont un peu amélioré son comportement, mais elle est toujours très méfiante en promenade (surtout dans les rues). Au moindre bruit elle met sa queue entre ses pattes, les oreilles basses et veut retourner directement à la maison. On ne peut l'emmener en balade que dans les endroits habituels, sinon elle devient « comme folle ». A la maison aussi elle réagit à tout et aboie au moindre bruit inhabituel sans que l’on puisse l’arrêter.
Nous ne comprenons pas et que faire pour améliorer son obéissance ?
Antoine et Marie

Bounty semble n'avoir pas pu bénéficier des meilleures conditions de développement précoce à l'élevage. Ce que l’on appelle le "syndrome de privation sensorielle" (qui se caractérise par de fortes craintes du chien dans ses diverses confrontations avec son environnement) résulte du trop grand écart entre un niveau d’hypo- stimulations vécues dans le milieu d’élevage durant le très jeune âge, et celui du milieu dans lequel l’animal va vivre.
L’insuffisance prolongée de stimulations sensorielles durant la période allant de la 2ème à la 7 ou 8ème semaine de vie du chiot, conduit l’animal à une plus ou moins grande émotivité et de plus ou moins fortes réactivités. En découleront des difficultés, voire une incapacité d’adaptation, à un environnement de vie d’humain, et surtout à la ville, milieu de vie complexe, bruyant et changeant ! « L’ennemi » en quelque sorte, pour un tel chiot, c’est la nouveauté, et comme trop d’émotivité et donc trop de stress lui limitent, voire lui bloquent tout apprentissage, il n’est en conséquence jamais en « état d’apprendre » un monde vécu comme « toujours nouveau ».
Le dressage n'est véritablement pas la meilleure réponse à ce type de handicap, car en réalité, conditionnement (c'est-à-dire dressage) n’est pas synonyme d’adaptation… ne pensez donc plus en terme d’obéissance, mais en terme d’émotivité.
Ce qui peut aider, c'est d’apprendre soi-même à mieux gérer l'émotionnel de Botox, dans son quotidien ponctué de frayeurs, et sans jamais faire de "forcing".
Au contraire, ce sont des confrontations mesurées et très progressives aux situations et déclencheurs de réactions vives, qui petit à petit aideront votre jeune Staff à trouver en elle-même les ressources d’affronter les objets de ses peurs. Cela devant s’assortir d’attitudes neutres et banalisantes de votre part (en ne faisant pas « événement », et donc réaction vous aussi) devant toutes les frayeurs de Botox.
C’est ainsi que pas à pas, un chien est conduit à réagir de moins en moins et jusqu’à ne plus réagir du tout, à quelque chose qui n’est plus « important ». On parle alors d’HABITUATION, et c’est cette voie qui est celle de l’ouverture du chien à des capacités nouvelles d’adaptation sur des « terres inconnues » de lui.
Votre comportementaliste régional serait en mesure de vous aider de manière personnalisée (après évaluation de la nature et du degré des privations sensorielles du très jeune âge vécues par Botox) pour que vous puissiez la faire évoluer vers une meilleure tolérance à son environnement.

Danièle Mirat
Spécialiste de l'étude des relations Homme/Chien et Homme/Chat selon une approche scientifique et systémique
Site Internet : http://www.communicanis.com

Le 31 juillet 2008

Bonjour,
Notre chiot âgé de 8 semaines est chez nous depuis trois jours et pleure chaque nuit (toutes les 3 heures environ). Nous l’avons installé dans une petite pièce à lui. Il continue de pleurer tant qu'on ne lui parle pas. Je me demande si ce n'est pas tout simplement pour faire ses besoins ... mais il n'est pas question de le faire sortir la nuit !
Merci de nous aider
Jocelyne et Marc de Quimper

Bonjour,
Ce chiot vit la détresse naturelle de la perte des siens (sa mère, sa fratrie, les éleveurs, les seuls repères qu'il avait !) Il cherche donc la rassurance d'une présence, ou au moins d'une voix.
Ses pleurs ne sont pas l'expression d’un besoin d’éliminer mais d’une détresse de soudaine solitude, et si vous lui répondez, vous ne faites que retarder le moment où il recommencera. Cela risque d'être sans fin.
Il vous faut choisir entre 2 stratégies : celle de ne pas répondre du tout et de le laisser pleurer (c’est la plus dure, pour vos nerfs mais surtout pour le chiot qui souffre) mais il finira par se résigner. Ou bien alors vous transigez en le laissant dormir près de vous dans son panier (1 à 2 semaines, le temps qu’il puisse tisser un lien d'attachement et de confiance avec vous). Tranquillisé, il va pouvoir dormir et vous aussi ! Ensuite seulement vous lui proposerez de rester dans sa pièce la nuit, non sans l’y avoir laissé un peu seul d’abord en journée...) A partir de ce moment, ne pas répondre aux pleurs (de jour comme de nuit) sera évidemment impératif, mais le chiot sera moins fragile émotionnellement.
Tout faire sans aucune transition avec un très petit chiot est une méthode toute en dureté. C'est le choix de certains et ce n'est pas le mien qui serait plutôt d’indulgence, patience et compassion... parce que ça n’est qu’un « bébé » chien !

Danièle Mirat
Spécialiste de l'étude des relations Homme/Chien et Homme/Chat selon une approche scientifique et systémique
Site Internet : http://www.communicanis.com


Bonjour,
Ma petite femelle caniche de 7 mois nous mord les mains alors que depuis le début je lui dis non ! Elle vole aussi sur la table, saute sur les gens. Je ne la brusque pas vraiment, mais je lui donne des petites tapes. Je commence à désespérer.
Merci de me dire comment faire pour qu’elle arrête.
Nathalie de Paris

Bonjour,
Une répression des comportements (avec des tapes) n'apprend pas au chiot le "bon comportement" que vous attendez de lui, et cela n'organise pas une relation basée sur la confiance et la coopération du petit animal. Contentez-vous d’encouragez les « bons » comportements que le chiot produit et d’ignorez les « mauvais » comportements par rupture de l'interaction en cours. C'est valable pour tout.
Exemple : le chiot mordille les mains = on se soustrait de cette interaction, c'est à dire que l'on stop immédiatement ce type de contact (on rompt la relation et on laisse le chiot avec un jouet).
Dire non ! Donner des pichenettes, etc... ne fait qu’alimenter la demande de réaction du chiot... par contre, rompre l'échange le laisse dans le vide. Le chiot finira par associer que pour interagir avec vous il devra trouver autre chose que ses mordillages, puisque mordiller les mains les fait disparaître avec vous.
Ne pas laisser de nourriture sur les tables quand on s’absente est élémentaire avec un chiot. Plus tard, on peut lui apprendre la "non prise d'appât"... mais c'est un dressage.
Concernant ses sauts sur tout le monde, commencez par ne pas maladroitement renforcer ce comportement du chiot sur vous-même, en y « répondant » avec des non ! ça suffit ! et autres injonctions improductives. Esquivez les pattes du chiot qui vous « fait la fête » et dès l’instant où il est calmé, initiez vous-même l’interaction sans aller jusqu’à l’excitation du petit animal.
Apprenez globalement à n’être pas répressive, mais incitative et juste dissuasive s’il le faut, par interruption de l’échange. Vous verrez c’est très reposant, il suffit d’être constant !

Danièle Mirat
Spécialiste de l'étude des relations Homme/Chien et Homme/Chat selon une approche scientifique et systémique
Site Internet : http://www.communicanis.com


Bonjour,
Nous habitons une maison à la campagne avec notre jeune berger allemand de 13 mois, sur un terrain clôturé d’où l’on voit tout ce qui se passe dans la rue. J’aimerai savoir ce qui pousse mon chien à parcourir la clôture d'un bout à l'autre en aboyant sur les voitures ou les gens qui passent devant, à pied ou à vélo. D’ailleurs il ne supporte pas les roues qui tournent, il mord les pneus des 2 roues et on distingue une certaine excitation quand il le fait. Comment peut-on lui faire stopper ces comportements ?
D'avance merci
Laurent de Roscoff

Bonjour,
Si votre chien est sensible à tout ce qui se déplace rapidement sur roue près de lui (bicyclettes, rollers ou autre) c'est qu'il n'y a pas été confronté et suffisamment familiarisé dans son très jeune âge dès son acquisition (cela se réalise naturellement dans les sorties nombreuses, quotidiennes et variées que l'on fait faire à son chiot) ... et aujourd'hui ce jeune chien voit d'en limiter/réguler le déplacement trop rapide qui le stress et l’effraie ! Mais peut-être cela fait-il partie d'un développement précoce (dans son élevage) qui ne s'est pas fait dans un milieu assez riche et stimulant, qui lui aurait fait acquérir une meilleure stabilité émotionnelle et par conséquent une meilleure capacité d'adaptation à tout environnement.
Concernant ce terrain clôturé sur lequel il évolue librement tout en le gérant, alors qu'autour un monde s'agite et s'affaire, votre chien semble là aussi soumis à trop de stimulations qui le stressent. Ce serait déjà grandement l'en soulager (et vous et le voisinage !) si vous aménagiez des pare-vue (peu onéreux et faciles à trouver dans le commerce).
Ce simple «barrage » sur le canal visuel suffit souvent à modérer beaucoup les tensions du chien et les manifestations comportementales de déambulations anxieuses et sonores qui vont avec.
Mais aussi, votre chien est-il actuellement bien sorti en promenade en extérieur ? Car cela favorise une bonne habituation à l'environnement urbain (voitures, vélos, etc...) Beaucoup de chiens qui sortent peu (ou pas !) de leur jardin sont extrêmement réactif à « ce monde autour » qu'ils vivent comme « agressant » parce qu'inatteignable.
Bien des éléments doivent donc être pris en compte pour parvenir à une plus grande tolérance de votre chien au monde environnant, et un comportementaliste peut faire le point en consultation à domicile pour vous aider à faire évoluer favorablement votre jeune animal.

Réponses données gracieusement par:
Danièle Mirat
Spécialiste de l'étude des relations Homme/Chien et Homme/Chat selon une approche scientifique et systémique
Site Internet : http://www.communicanis.com


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