Un comportementaliste,
c’est quoi au juste ?
Sujet: Un comportementaliste, c’est quoi au juste ?
En préambule
Aujourd'hui, les professionnels spécialisés autour de l'animal familier
(nous entendons le chien et le chat) sont reconnus comme tels :
- L'éleveur étant celui qui s’attache à fournir de bonnes conditions de
développement aux animaux qu’il proposera à la vente
- Le vétérinaire étant celui qui est en charge de leur santé
- L’éducateur canin (ou dresseur) étant celui qui aide à initier et
développer de bons conditionnements (en ce qui concerne le chien)
L'engouement pour l'animal domestique a fait entrevoir d'autres sujets
d'études, et notamment ceux des altérations du comportement des chiens et
des chats, dans les situations d’étroite cohabitation avec l’Homme.
Ces cohabitations de l’Homme avec un animal intégré comme membre de la
famille est un phénomène de société relativement récent.
Ces nouvelles dispositions cohabitationnelles et relationnelles, et ces
nouveaux besoins (en large partie affective) d’animaux appelés à vivre la
captivité qui leur est imposée, a soulevé chez ceux-ci des conduites
adaptatives aussi diverses que souvent gênantes (voire dangereuses) pour les
cohabitants humains.
Conduites agressives, destructions, aboiements et/ou miaulements
intempestifs, malpropretés, agitations, etc. ne trouvent leur origine que
dans la difficulté (voire l’impossibilité) de l'animal à s'adapter au
contexte relationnel qui lui est proposé (ces difficultés d’intégration
harmonieuse au sein d’un foyer, ayant le plus souvent des répercutions
jusque hors de la sphère familiale- surtout en ce qui concerne le chien-).
Ce nouveau phénomène de société (avec les problèmes spécifiques qu’il
soulève), ne pourra pas être appréhendé sur les anciennes bases de pensée
d’une culture qui prône le dressage (on dit aujourd’hui « éducation »)
d’animal qui ne se conforme pas.
Il était donc attendu et parfaitement justifié qu'un professionnel qui se
destine justement à l'étude, l'analyse et l'aide à la résolution des
difficultés de cohabitation (manifestées par les comportements inattendus,
indésirables, inquiétants et inexpliqués d’un animal –chien ou chat-) vienne
compléter la topographie professionnelle existante. Le comportementaliste
est donc le dernier-né de ces professionnels, en ayant été formé à l’étude
des relations et cohabitations avec le chien ou/et l’étude des relations et
cohabitations avec le chat
Mais que fait donc un comportementaliste spécialiste des relations avec le
chien ? et que justement les autres professionnels ne font pas ?
Le comportementaliste tourne son regard vers le milieu de vie de l’animal,
tous les individus qui le peuplent et les échanges qu'ils entretiennent
entre eux.
Quand surgissent des problèmes de cohabitation avec un chien, le
comportementaliste refuse d’appréhender cet animal et ses comportements
désordonnés sur lesquels tout le monde stigmatise, comme s’il était un sujet
isolé, autonome, imperméable et indépendant de son environnement et de ses
relations à ses propriétaires.
Chaque chien est unique (de par sa lignée, son vécu prénatal, sa naissance,
son développement précoce à l’élevage et ses expériences dans son
environnement familial). Chaque famille aussi est unique (avec son histoire,
la sensibilité et les diverses attentes de chacun face au chien)
Cette infinie diversité fait que la situation problématique d’une famille
avec son animal, n’aura jamais exactement les mêmes raisons ni évidemment
les mêmes solutions.
Pour le comportementaliste, les propositions de résolution seront donc
toujours individualisées et adaptées à chaque cas particulier, sans
standardisation de protocole, sans séance/type avec questionnaire/type.
Les altérations des comportements du chien étant le plus souvent engendrées
par une mauvaise communication entre les deux espèces (humaine et canine) en
présence, la tâche première du comportementaliste consiste à rendre le
comportement du chien intelligible pour son propriétaire. Lui faire
comprendre parfois, que d’un strict point de vue canin, ce comportement peut
être « normal » et en tout cas légitime, malgré les désagréments (voire
danger) qu'il provoque.
Quelles pistes le comportementaliste suit-il ?
Pour mener à bien cette tâche :
- Le comportementaliste va remonter jusqu’aux conditions d’élevage du chiot
pour y chercher les possibles et premiers germes des difficultés présentes.
- Il va informer du premier besoin éthologique du chien qui est sans doute
bien celui de vivre au sein d’une organisation structurant les rapports
entre lui et chacun des individus d’un groupe constitué (d’humains et
souvent d’autres chiens ou même chat(s)
- Il va faire observer que caricaturer (comme le fait la culture du
dominant-dominé) ou nier (comme le font les tenants de l’égalité-fraternité)
l’existence de ce besoin propre à son espèce, ne conduit pas le chien à des
échanges épanouissants dans ses relations avec l’humain.
- Il va faire la traque de l’anthropomorphisme (l’interprétation faussée des
comportements du chien, entraînant ses propriétaires dans le contre sens)
- Il va aussi traquer les idées reçues sur l’éducation, sur les races, ex :
telle race de chien qui n’échappe pas à l’étiquette de têtu et/ou de
dominant... tout cela pris abusivement comme vérité inébranlable et
irréversible
- Il va faire percevoir qu’impatience, inconstance et incohérence (avec des
règles de vie changeantes et fluctuantes au gré des humeurs dans la famille)
n’aide pas à la constance du chien
- Que l’étouffement ou la répression des comportements naturels
(reproduction, prédation et même exploration et flairage parfois) sont
écrasant et frustrant pour leur compagnon.
- Que certaines conditions de cohabitation (« surpopulation » humaine et/ou
animale en espaces exigus) sont peu propices au bon équilibre
psycho-comportemental de l’animal et qu’elles peuvent le conduire par
exemple, à une surexcitabilité que personne n’explique. C’est le cas de
l’enfermement prolongé et l’inactivité, ou au contraire de la
sur-stimulation (dans certaines familles avec enfant, où règnent cris,
bruits, allées et venues incessantes, desquels le chien ne peut se
soustraire un instant, faute de place prévue et/ou respectée).
C’est donc (rapidement survolé ici) l’histoire et l’ensemble du quotidien
environnemental et interactionnel du chien qui est à examiner avec ses
propriétaires, pour conduire ceux-ci à modifier un peu de leur cohabitation.
C’est ainsi que pour n’importe quel comportement dérangeant et suivant les
problèmes à résoudre, le comportementaliste rencontrera à domicile et
ensemble tous les acteurs de la relation (propriétaires et animal).
Et du côté des comportements du chien lors de ses sorties ?
Pour les chiens dits « désobéissants » en balade, il faut noter qu’ils sont
aussi souvent des chiens qui «se conduisent mal» à la maison ! En effet les
consultations pour problèmes rencontrés en promenade, montrent souvent une
mauvaise organisation des relations, et les consultations pour difficultés à
l’intérieur sont souvent associées à des balades difficilement gérables.
C’est une meilleure organisation/gestion des interactions entre le chien et
ses propriétaires, qui peut faire évoluer notablement le déroulement des
sorties. Plus sécurisé par de meilleurs échanges au sein de sa structure
familiale, le chien est aussi plus stable et confiant dans sa confrontation
avec le monde extérieur (ainsi que plus disponible pour les apprentissages).
A méditer donc sur ce qu’il faudrait aborder et régler en premier… Vouloir
un bon contrôle de son chien en extérieur (milieu très stimulant) ne passe
–t-il pas par déployer déjà un bon contrôle de son chien dans la
cohabitation ?
Et en terme de prévention ?
Même s’il reste insuffisamment consulté pour cela, le comportementaliste
tient pourtant aussi un rôle important en terme de prévention : bon nombre
de situations parfois bien envenimées dans la relation avec un chien,
auraient pu en effet être évitées si son aide spécialisée avait été
sollicitée en amont.
Faire appel à son expertise lors de l'acquisition d'un chiot ou mieux encore
avant même cette acquisition, serait souhaitable pour tous les futurs
propriétaires, surtout quand il s’agit du choix d’un premier petit
compagnon. Un ou deux entretiens permettent de s’informer du besoin
d’accompagnement singularisé d’un très jeune animal, et de l’aider à
développer ses compétences extraordinaires, mais limitées par son
immaturité.
De même, lors de l’adoption d’un chien adulte en refuge, le
comportementaliste peut aider à construire rapidement une relation
harmonieuse avec l’animal, en installant de bonnes habitudes et en évitant
les maladresses à ne pas commettre avec ce nouveau venu, au passé
immanquablement traumatique.
Et si on parlait prix ?
Certains comportements indésirables du chien, parfois supportés des mois
durant, se révèlent bien plus onéreux en dépenses diverses que les services
du comportementaliste. (Ex : les destructions dans la maison, la voiture, le
jardin… et les achats et réparations qui en ont découlés ; ou les conduites
agressives, les malpropretés… et les recettes, matériel et substances qui
ont été testées pour remédier….etc. etc.)
Faire appel au comportementaliste pour mieux comprendre et être compris de
son chien, est en conséquence une démarche plus économique qu’il n’y paraît,
surtout et d’abord en ce qui concerne le désarroi de l’animal. Car c’est
bien de détresse du chien qu’il s’agit, et de ses difficultés à trouver les
comportements justes, en face de situations souvent incompréhensibles pour
lui.
En conclusion, quand on a besoin d’un comportementaliste, la difficulté
resterait de trouver (sur la région où l’on habite) celui (ou ceux) qui
exerce (ent) tel qu’exposé plus haut. Cet annuaire renseignera :
http://www.operrha.com/annuaire-comportementalistes/comportementaliste-en-france.html
Danièle Mirat et Michel Quertainmont – Comportementalistes -
Sites : http://www.communicanis.com et
http://comportementaliste-mq.comm
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