Mon
chien a mordu : est-il malade?
On entend souvent des phrases inexactes
comme " s’il a agressé, c’est parce qu’il est malade " ou encore "s'il a
mordu, il mordra à nouveau" qui ont comme suite, au mieux l'administration
de psychotropes, au pire l'euthanasie de l’animal. Il est rapide alors de
conclure que puisqu’il est malade, il faut le soigner. Or, c'est considérer
comme pathologie ce qui ne l’est pas car l’agression n’est ni anormale ni
inutile : elle sert à préserver l’individu.
De même, un chien qui a mordu ne présente pas forcément une anomalie de
comportement. Il s’agit d’analyser la situation et de chercher ce qui a
provoqué sa réaction d’agressivité. Il est rare qu’un animal attaque sans
prévenir (sauf dans certains cas comme un dressage spécifique au mordant,
une douleur, la peur) mais malheureusement son avertissement n’est pas
souvent reconnu comme tel. Rappelons que la menace est faite pour éviter la
morsure : le chien tente de prévenir l’autre que s’il continue ce qu’il a
entrepris, il risque d’y avoir des conséquences sérieuses pour lui. Si la
menace est inefficace et que l’autre individu ne cesse pas, il passera à la
conduite agressive proprement dite (la morsure).

Un chien a presque toujours une raison de menacer et de mordre, même si
cette raison nous est humainement incompréhensible. Sans tomber dans
l’anthropomorphisme, on peut tenter de se mettre à sa place, de saisir sa
logique de fonctionnement et de se dire qu’en tant que chien, on aurait peut
être fait la même chose que lui.
Bien sur il arrive qu’un réel trouble organique ou même comportemental soit
la cause d’une conduite agressive, et il ne faut surtout pas négliger cette
possibilité. Mais n’oublions pas que les chiens domestiques sont parfois
contraints de vivre dans des contextes tellement impropres à leurs besoins
naturels qu’il n’est pas surprenant de voir apparaître des attitudes non
désirées…qui n’en font pas pour autant un chien malade ! D’ailleurs les
comportementalistes –qui ne sont pas vétérinaires- s’intéressent précisément
aux conditions environnementales et ne s’occupent nullement de la santé de
l’animal mais plutôt de ses manières de réagir aux contraintes imposées. Il
suffit parfois d’opérer quelques changements dans le contexte familial pour
voir apparaître de nouvelles réponses de la part du chien.